Ozzak, le site qui aide les cinémas à remplir leurs salles en cassant les prix

INNOVATION Lancée ce lundi, la plateforme Ozzak propose des places de ciné à prix bradés. Objectif : permettre aux exploitants d’améliorer le remplissage de séances moins attractives

Frédéric Brenon
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Le cinéma Pathé-Atlantis est l'un des premières partenaires d'Ozzak.
Le cinéma Pathé-Atlantis est l'un des premières partenaires d'Ozzak. — archives F.Elsner/20Minutes
  • Ozzak est une start-up nantaise fondée par trois entrepreneurs.
  • Son concept est la vente de places de ciné à des tarifs préférentiels (-30% ou -50%).
  • Deux multiplexes nantais adhèrent au projet pour commencer. Mais l'ambition est un déploiement national.

Aller plus souvent au cinéma sans s’abonner et sans dépenser plus, beaucoup en rêvent. C’est justement l’idée d’Ozzak, dont le lancement commercial est officiellement donné ce lundi. Conçue par trois jeunes entrepreneurs nantais, cette plateforme numérique propose des places de ciné à prix cassés pour des séances que les exploitants auraient des difficultés à remplir. Les tickets sont vendus 6,70 euros ou 8,70 euros (dont 0,70 euro de frais de service), au lieu d’un tarif de 12,40 euros en moyenne dans un multiplexe.

L’offre sera majoritairement composée de projections en heures creuses, de films moins en vue ou de succès à l’affiche depuis plusieurs semaines. Mais il y aura aussi des « opportunités de dernière minute » et des « événements privilèges » (avant-premières, soirées spéciales, etc.). Objectif : « créer un nouveau levier de fréquentation pour les cinémas, en dehors de leurs outils de vente traditionnels ».

« On ne veut surtout pas brader le septième art »

« C’est une idée qu’on a eue il y a deux ans avec Mélanie et Cédric, mes deux associés, raconte Sylvain Mante, cofondateur d’Ozzak. On venait de quitter la vie étudiante, on n’avait plus droit aux réductions et on devait d’un coup payer nos places beaucoup plus cher. En tant que jeunes actifs, ça représentait un budget conséquent. Un soir, on s’est retrouvés dans une salle quasiment vide et on s’est demandé pourquoi ? C’était forcément une perte pour l’exploitant. On a alors mené une enquête auprès de nombreux cinémas. Et on s’est rendu compte que le critère numéro un pour aller au ciné c’était le prix, et que la sortie devenait de moins en moins spontanée. C’est dommage. En proposant des tarifs préférentiels on ne veut surtout pas brader le septième art. On veut, au contraire, permettre au cinéma de reconquérir les consommateurs. »

Sylvain Mante, Cédric Merouani et Mélanie Canivet, cofondateurs d'Ozzak.
Sylvain Mante, Cédric Merouani et Mélanie Canivet, cofondateurs d'Ozzak. - B.Seveno/Ozzak

La méthode est inspirée du yield management, déjà très courant dans les transports ou l’hôtellerie. Le fonctionnement du site Internet, qui sera adapté en appli mobile « début 2022 », est relativement simple. « L’utilisateur entre son adresse et prend connaissance des films disponibles autour de lui, explique le cofondateur d’Ozzak. Ça peut être une séance aujourd’hui ou plus tard dans la semaine. Quand le film est retenu, il découvre dans quel cinéma partenaire il faut se rendre. Le paiement se fait en ligne. Un QR code est délivré et à présenter à l’entrée du cinéma. »

Gaumont et Pathé à Nantes pour commencer

Pour le moment, seuls deux cinémas de l’agglomération nantaise ont rejoint Ozzak : Pathé-Atlantis et Gaumont Nantes. Mais des discussions sont en cours avec d’autres salles françaises, notamment à Bordeaux et à Paris. « Nous espérons être présents dans cinq grandes villes et une vingtaine de cinémas partenaires d’ici un an », explique Sylvain Mante. Selon lui, l’intérêt des exploitants est beaucoup plus vif depuis la crise sanitaire qui a fortement pénalisé les salles de cinéma.

« Le projet d’Ozzak est très innovant, se réjouit Romain Delamare, directeur du Pathé-Atlantis. C’est une vraie solution pour nous aider, à terme, à remplir les séances dites plus faibles. Un cinéma comme le nôtre, avec une capacité d’environ 3.000 fauteuils, affiche un taux de remplissage entre 25 % et 30 % à l’année. La technologie d’Ozzak va permettre de mettre en avant des séances que nous transmettrons en fonction des besoins. »

Pour cette première semaine, des places pour Kaamelott, BAC Nord, OSS 117, L’Origine du monde, Les Méchants ou Dune sont proposées.

Les cinés dans la métropole nantaise

L’agglomération nantaise compte une douzaine de cinémas. Dans le lot, figurent cinq multiplexes (Gaumont, Pathé Atlantis, UGC Atlantis, Cinéville, Ciné Pôle sud) mais aussi deux cinémas d’art et essai nantais : le Katorza (six écrans) et le Cinématographe (un écran). Les cinémas associatifs de quartier drainent aussi un public fidèle, à l’image du Concorde et du Bonne-Garde à Nantes, du Beaulieu à Bouguenais, du Saint-Paul à Rezé, du Vaillant à Vertou ou du Lutétia à Saint-Herblain.