Huit œuvres inédites de Picasso, cédées par sa fille Maya au Musée Picasso

ART Collection personnelle de l’artiste transmise à ses descendants, elle comprend six peintures, deux statues

20 Minutes avec AFP
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Enfant a la sucette assis sous une chaise présenté au Musée Picasso le 20 septembre 2021
Enfant a la sucette assis sous une chaise présenté au Musée Picasso le 20 septembre 2021 — AFP / POOL

Le musée Picasso se dote de huit œuvres inédites de Pablo Picasso, cédées par sa fille, Maya, à la France, par le biais d’une dation. L’une d’entre elles, cubiste et en noir et blanc, datant de 1938, a été révélée lundi à la presse, en présence des ministres de la Culture Roselyne Bachelot et de l’Economie, Bruno Le Maire.

Intitulée L’Enfant à la sucette assis sous une chaise, elle représente probablement Maya enfant, cachée sous le meuble, comme sombre présage du conflit mondial à venir, a expliqué Olivier Widmaier Picasso, petit-fils de Picasso, présent à la conférence de presse aux côtés de sa sœur Diana.

Une collection familiale

Elle fait partie de la collection familiale cédée au musée par la première fille que Picasso a eue avec Marie-Thérèse Walter, rencontrée en 1927, et annoncée lundi. Collection personnelle de l’artiste transmise à ses descendants, elle comprend six peintures, deux statues, dont une réalisée par Picasso en 1945 (La Vénus du Gaz) et une autre, polynésienne, typique des sculptures anthropomorphes des îles Marquises du XIXe siècle (tiki), que l’artiste conservait comme des totems dans son atelier, ainsi qu’un carnet à dessins.

La plus ancienne des toiles de la collection est un portrait classique du père de Picasso, Don Jose Ruiz, lui-même peintre, et datant de 1895. La plus récente, cubiste, Tête d’Homme, a été réalisée durant l’été 1971, dans la dernière phase de l’œuvre de Picasso.

A leurs côtés, une Etude pour une Joueuse de Mandoline en noir et blanc au fusain et à l’huile (1932), un portrait d’Emilie Marguerite Walter (dite « Mémé »), belle-mère de Picasso, une huile et crayon sur toile datant de 1939 ; El Bobo, huile cubiste s’inspirant du Nain de Vélasquez et datant de 1959 et un carnet de dessins comprenant plusieurs études pour le Déjeuner sur l’Herbe, inspiré d’Edouard Manet, que Picasso admirait.

Bachelot profondément émue

Toutes ces œuvres « permettent de renseigner de manière inédite le travail de Pablo Picasso », a souligné Roselyne Bachelot, qui a dit sa « profonde émotion (…) de célébrer l’entrée dans (les) collections nationales » de cet ensemble. « C’est une grande joie que de voir la collection nationale s’enrichir mais lorsqu’il s’agit de Picasso, l’artiste phare de la modernité dont l’œuvre constitue un monde qui semble inépuisable, cette joie est évidemment double », a-t-elle ajouté.

La dation, une transaction qui permet à Maya Ruiz-Picasso de s’acquitter de ses droits de succession en nature, est « l’une des plus importantes de ces dernières décennies », selon la ministre qui a dit mesurer « la portée de cet événement exceptionnel ». Ces nouvelles œuvres rejoignent la collection de celles, déjà innombrables, qu’abrite le musée Picasso depuis 1985. Elles seront présentées dans leur intégralité au public à partir d’avril 2022.