« Deathloop » : Entre boucle temporelle et monde ouvert, le dernier né d’Arkane se la joue « Un jour sans fin »

JEU VIDEO Disponible depuis mardi dernier, « Deathloop » est la dernière création du studio lyonnais Arkane, qui a pris tous les risques et les gameplays pour une expérience de jeu nouvelle

V. J.
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Deathloop
Deathloop — Arkane / Bethesda
  • Disponible depuis mardi en exclu sur PS5, Deathloop est la dernière création du studio lyonnais Arkane, à qui l’on doit les Dishonored et les derniers Wolfenstein.
  • Le joueur est aux commandes de Colt, qui se réveille amnésique et pris au piège d’une boucle temporelle sur l’île de Blackreef.
  • Le concept du jeu, entre monde ouvert, « die & retry » et versus, peut faire peur mais, une fois la manette en main, la magie opère et le fun aussi.

Lors de sa présentation surprise à l'E3 2019, comme exclusivité PS5 sur console, Deathloop avançait les arguments de jeu de tir à la première personne, de monde ouvert, de boucle temporelle, de parkour, de super-pouvoirs, de versus, etc. C’était peut-être trop pour un seul jeu, même pour les petits génies du studio lyonnais Arkane (les Dishonored). Après plusieurs délais, previews, vidéos, l’ambition du titre était claire, l’excitation palpable, mais la même question revenait toujours : comment ça marche ?

Meurs un autre jour

Le joueur se réveille sur l’île de Blackreef dans la peau de Colt, à la fois amnésique et pris au piège d’une boucle temporelle. Dès qu’il meurt ou que la journée se termine, retour à la même plage et rebelote pour une journée d’action, infiltration, survie. Mais dans quel but ? Très vite, grâce à des hallucinations bien commodes et sa rencontre musclée avec la mystérieuse Julianna, Colt comprend qu’il doit assassiner huit « Visionnaires » dans la même journée pour briser la boucle. Et que Julianna est là pour l’en empêcher.

A l’instar d’un Hitman, il s’agit de trouver le meilleur moyen ou plutôt les meilleurs moyens, d’atteindre sa cible, des plus efficaces aux plus originaux. Le joueur a un arsenal d’armes, gadgets, pouvoirs à son actif, mais est tributaire de son environnement spatial et temporel. Car les « Visionnaires » sont éparpillés sur l’île et ne sortent pas aux mêmes heures de la journée. « Mourir et recommencer » permet donc de mieux appréhender les habitudes de l’île, divisée en quatre secteurs (Updaam, la Baie de Karl, le Rocher de Fristad, le Complexe,), selon la journée, divisée en quatre périodes (matin, midi, après-midi, soir). Mais ce « die & retry » ne tient pas du « masocore » à la Dark Souls ou Returnal, déjà sur un concept de boucle temporelle. Le joueur ne sent jamais puni, mais plutôt invité, challengé, à résoudre ce puzzle d’un nouveau genre.

Un mouvement perpétuel

Colt, comme Bill Murray dans Un jour sans fin et même Ryan Reynolds dans Free Guy, garde ses souvenirs des jours précédents, mais pas ses équipements ou pouvoirs. Du moins au début. Car Deathloop développe des astuces pour faciliter et renouveler l’expérience du joueur, dont une fonction rewind pour éviter le game over. Finalement, tout monde ouvert et boucle temporelle qu’il soit, le jeu se révèle assez dirigiste car très narratif.

Mais le mot d’ordre chez Arkane semble avoir été ce mouvement perpétuel, un équilibre dynamique, qui, à l’image de son esthétique pop des 1960 et 1970, fait que le joueur ne s’ennuie jamais, relève toujours de nouveaux défis. Il peut ainsi, en mode multijoueur, prendre le contrôle de Julianna et empêcher un autre joueur, aux commandes de Colt, de jouer en rond.