Rennes : Non, le Polaroid n’est pas mort et il se porte même très bien

PHOTOGRAPHIE Une exposition montée par des passionnés présente le travail d’une quarantaine d’artistes pendant un mois dans les bâtiments de l'Hôtel-Dieu à Rennes

Jérôme Gicquel
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Trop vite enterré, le Polaroid n'a pas dit son dernier mot.
Trop vite enterré, le Polaroid n'a pas dit son dernier mot. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • L’exposition « Polaroid is Not Dead » présente le travail d’une quarantaine d’artistes jusqu’à début octobre à Rennes.
  • Alors qu’on le croyait mort, supplanté par le numérique, le Polaroid s’offre un vrai revival depuis quelques années.

On le croyait mort et enterré, victime de la révolution numérique. Mais depuis quelques années, le bon vieux Polaroid fait un retour en force. Alors qu’elle avait cessé de produire ses appareils instantanés en 2007 puis arrêter la fabrication de ses films un an plus tard, la marque américaine a bien senti le filon. Surfant sur cette vague de nostalgie, elle ressort désormais de nouveaux appareils chaque année, visant une cible plus jeune et plus connectée.

Le travail d'une quarantaine d'artistes est exposé à Rennes dans le cadre de l'exposition
Le travail d'une quarantaine d'artistes est exposé à Rennes dans le cadre de l'exposition - J. Gicquel / 20 Minutes

Polaroid peut aussi compter sur une grosse communauté de passionnés qui n’ont jamais cessé, même dans les heures sombres, de chérir cet objet mythique. A Rennes, ils sont regroupés au sein de l’association Tête de l’Art qui organise, dans le cadre de l’événement Expolaroid, l’exposition Polaroid is Not Dead, visible jusqu’au 4 octobre à l’Hôtel-Dieu (lire encadré).

« On réfléchit beaucoup plus à sa photo »

Tous ses membres ne jurent que par la pratique de l’instantané, à l’image d’Alexandre. « Je ne suis pas photographe, je fais du Polaroid ! », assure-t-il. Lui est tombé dans le bain « à l’époque où plus rien ne se vendait ». « J’ai trouvé mes premiers appareils dans des braderies, raconte-t-il. Il fallait ensuite se débrouiller pour trouver des films qui coûtaient un bras à l’époque ». « Dealer de Polaroid » comme il se définit lui-même, Alexandre a transmis sa passion à Fanch à qui il a vendu deux appareils.

Plutôt branché numérique à la base, ce dernier a tout de suite succombé au charme de ces petites photos carrées. « Les réglages sont assez limités sur les appareils donc cela nécessite de composer beaucoup plus sa photo, indique-t-il. Et comme les films coûtent cher, on ne shoote pas à gogo. On réfléchit beaucoup plus, chose que l’on a peu perdue avec le numérique ».

Des imperfections qui font tout le charme des photos

Une fois la photo en boîte, vient ensuite l’excitation de les voir se développer sous nos yeux comme par magie. Avec toujours des surprises. « Il y a ce côté aléatoire avec le Polaroid, souligne Alexandre. On ne sait jamais à l’avance quel sera le résultat de la photo. Le film peut aussi avoir des défauts, il faut alors s’adapter et jouer avec. Mais ce sont justement ces imperfections qui font toute la magie ».

A l’heure d’Instagram, le charme désuet des tirages instantanés fait d’ailleurs encore fureur. « Pour l’anniversaire de ma sœur, j’ai tiré le portrait de tous les invités au Polaroid, raconte Fanch. Alors certaines photos étaient un peu floues, d’autres un peu pâles. Mais tout le monde était ravi au final d’avoir son petit cadeau ».

Une vente d’appareils ce week-end

Visible jusqu’au 4 octobre à l’Hôtel-Dieu, l’exposition Polaroid is Not Dead présente le travail d’une quarantaine d’artistes nationaux et internationaux. Chaque artiste présente un seul et unique Polaroid sélectionné par un jury, le cliché étant exposé en format 1 m². Ce week-end, un bric-à-brac sera organisé dans le cadre de l’expo avec la vente d’appareils, de clichés, de pellicules et de divers objets liés à la photographie.