« Les Griffin » : Disney sanctionné d'une amende de 62.500 euros en Italie pour une parodie de la naissance de Jésus

« JESUS, MARIE, JOSEPH » Suite à un signalement d’élus de la Ligue du Nord, le gendarme de l’audiovisuel italien a estimé qu’un épisode de la série satirique pouvait « nuire au développement physique, psychique et moral des mineurs »

Fabien Randanne
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Un épisode de la saison 11 des Griffin propose une relecture irrévérencieuse de la Nativité.
Un épisode de la saison 11 des Griffin propose une relecture irrévérencieuse de la Nativité. — 20th Century Fox Television

L’Agcom, équivalent italien du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a infligé une amende de 62.500 euros à Walt Disney. La société américaine est sanctionnée pour la diffusion, sur la chaîne Fox dont elle est propriétaire, d’un épisode de la série d’animation Les Griffin parodiant la Nativité. Le gendarme de l’audiovisuel transalpin a estimé qu’il pouvait « nuire au développement physique, psychique et moral des mineurs », selon la délibération relayée par les médias italiens jeudi.

L’épisode incriminé, Jesus, Mary and Joseph ! (réintitulé « La Bible selon saint Peter » en France) est issu de la saison 11, lancée en 2012 aux Etats-Unis. Il consiste en une relecture humoristique et décalée de la naissance de Jésus dont les principaux protagonistes sont incarnés par des personnages de la fiction satirique. L’Agcom lui reproche « l’usage réitéré et gratuit d’expressions vulgaires, de grossièretés et l’offense aux confessions et aux sentiments religieux » qu’elle juge inappropriés à une heure de diffusion grand public.

L’épisode a été retransmis en mars dernier, à 18 heures. Pour sa défense, Disney a argué que la chaîne Fox est disponible en Italie sur le canal 100, « très loin des chaînes thématiques dédiées aux enfants (canal 600) » et que Les Griffin s’adresse à un public adulte appréciant « la veine stylistique et narrative de la comédie d’animation ».

Des arguments dont l’Agcom n’a pas tenu compte. Elle a au contraire estimé que le contenu de l’épisode pouvait perturber « les processus complexes de l’apprentissage par l’expérience » ainsi que « le discernement entre des valeurs différentes ou opposées » à travers lesquels « la personnalité des mineurs se construit et se développe ».

« La satire ne peut pas passer au-dessus de l’offense à un culte »

Le lendemain de la diffusion de l’épisode, Roberto Calderoli, vice-président du Sénat, et le député Daniele Belotti, tous deux membres du parti d’extrême droite La Ligue du Nord avaient adressé un signalement à l’Agcom, en exigeant qu’il ne soit jamais rediffusé.

Sur Facebook, Roberto Calderoli​ s’est réjoui de la décision de l’Agcom et que l’entité ait « reconnu que ces dialogues, offensants même pour qui n’est pas catholique pratiquant, ont été diffusés sur une tranche horaire [grand public] et sous une forme telle que le dessin animé, clairement adressée aux enfants et adolescents. » Et d’ajouter : « Cette sanction réaffirme également que la satire et la liberté d’expression ne peuvent pas passer au-dessus de l’offense à un culte religieux. »

En Italie, le blasphème a été dépénalisé en 1999 mais demeure un délit administratif. Les « invectives ou des paroles outrageantes contre la divinité » sont passibles d’une amende de 309 euros.