Alpes-Maritimes : L'association Vagues de Soleils fait découvrir la photographie en faisant de l'urbex

EXPLORATION Pour les membres, âgés de 50 à 77 ans, ce genre d’aventure n’était pas la première

Elise Martin
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Roselyne, membre de l'association depuis 2019, en train d'appliquer les conseils du professeur dans la caserne militaire abandonnée de la Tête de chien, près de Nice
Roselyne, membre de l'association depuis 2019, en train d'appliquer les conseils du professeur dans la caserne militaire abandonnée de la Tête de chien, près de Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Âgés de 50 à 77 ans, les membres de l’association Vagues de Soleils ont participé à l’activité d’initiation à la photographie en faisant de l’urbex.
  • Cette pratique, qui veut dire exploration urbaine, est née au début des années 1980 et consiste à visiter des bâtisses abandonnées, chargées d’histoires. Anciennes casernes, usines désaffectées, ces lieux atypiques, sont souvent photographiés et parfois secrets.
  • Pour le groupe, « la technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte et surtout, les souvenirs à partager. »

Rachel, Roselyne, Roselina, Henri, Evelyne, Marie-Ange et Dominique ont entre 52 et 77 ans. Équipés de leur appareil photo, ils se sont réunis au belvédère de la « Tête de chien », à la Turbie, à une quinzaine de kilomètres de Nice. En contrebas, plusieurs bâtiments en ruines. « Ce sont des anciennes casernes militaires italiennes », indique Henri, qui est déjà venu. Ces bases désaffectées servent maintenant de toile aux street artistes. « Ce spot est parfait pour l’activité », affirme Alexandre, 28 ans, qui va animer une initiation à la photographie pour ces membres de l’association Vagues de Soleils.

« Ça me rappelle mon enfance »

Pendant deux heures, ces amoureux de voyage vont faire de l’Urbex, « urban exploration ». Une pratique qu’on n’associe pas forcément à leur génération, et pourtant… « Ça m’évoque des souvenirs d’enfance, lance Marie-Ange. On allait dans des châteaux abandonnés près de chez ma grand-mère et on créait des histoires d’aventure. On était les rois du monde. C’était génial même s’il n’y avait pas de graffitis comme ici ». Henri ajoute : « La première fois qu’on a fait ce genre d’activité avec l’association, c’était à Ibiza. On a visité une boîte de nuit abandonnée, c’était fabuleux. » Devant une œuvre de plusieurs mètres de long, Rachel s’exclame : « Je n’aimerais pas qu’on fasse ça sur mon mur, mais c’est joliment transformé. Là, où ces artistes font des graffitis, ils le font bien ! »

« La technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte »

Le terrain de jeux est validé par le public. Tout le monde s’éparpille, l’œil collé à l’objectif, pour capturer l’esthétisme du lieu « entre l’art, la lumière naturelle et la végétation ». Le professeur du jour alterne entre conseils et anecdotes pour satisfaire les attentes de chacun. « D’accord pour faire des photos, mais si elles sont bien c’est mieux », plaisante Dominique. L’aînée du groupe a déjà fait deux stages dans le domaine. « Je m’y suis intéressée quand mon mari est décédé, c’était son truc. S’il me voyait de là-haut, il rigolerait ! » De son côté, Roselyne aimerait savoir faire des portraits « avec du flou derrière ». Roselina, elle, veut que « ça aille vite ». « Si je suis dans un groupe de vacances, ils seront déjà partis le temps que je fasse tous les réglages ! », s’amuse-t-elle.

Le groupe conclut autour d’un verre de l’amitié que « la technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte et surtout, les souvenirs à partager. »