Rentrée littéraire: De Nothomb à Jaenada, les romans font se rencontrer la grande et la petite histoire

LIVRES Les premiers livres de la rentrée littéraires paraissent cette semaine : plus de 500 nouveaux titres sont attendus en librairie ces prochaines semaines

20 Minutes avec AFP
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Si cette femme ne porte pas de masque alors qu'elle se trouve à l'intérieur d'une librairie, c'est parce que cette photo a été prise lors de la rentrée littéraire de 2019.
Si cette femme ne porte pas de masque alors qu'elle se trouve à l'intérieur d'une librairie, c'est parce que cette photo a été prise lors de la rentrée littéraire de 2019. — Fred TANNEAU / AFP

La rentrée littéraire vient de commencer. Ces prochaines semaines, plus de 500 nouveautés candidates aux prix d'automne (Goncourt, Femina, Médicis...) vont prendre place dans les libraires.

Les lecteurs et lectrices peuvent se plonger depuis ce mercredi dans Premier sang d' Amélie Nothomb, paru chez Albin Michel. L'autrice belge y signe les mémoires fictifs de son père décédé l'an passé. Où l'on découvre une famille excentrique, et redécouvre un épisode tragique de l'histoire de l'ex-Zaïre par ce diplomate belge. Au printemps des monstres, dissection par Philippe Jaenada d'un fait divers des années 1960, l'affaire Lucien Léger, est également sorti ce mercredi, édité chez Mialet-Barrault.

Ces deux pitchs donnent le ton de cette rentrée littéraire dont nombre de romans traitent du poids de l'Histoire et des blessures qu'il engendre.

Guerres et Holocauste

Sorj Chalandon avec Enfant de salaud (Grasset), Marc Dugain avec La Volonté (Gallimard), François Noudelmann avec Les Enfants de Cadillac (Gallimard) ont en commun d'évoquer leur ascendance au milieu des drames et des guerres du XXe siècle.

L'Holocauste hante d'autres auteurs: Anne Berest fouille ses racines juives après avoir reçu La Carte postale (Grasset) tandis que Gisèle Berkman décrit une survivante dans Madame (Arléa). L'antisémitisme d'avant la Première Guerre mondiale est le sujet de la fresque de Christophe Donner, La France goy (Grasset), tandis que Jean-Christophe Grangé évoque des assassinats dans la haute société berlinoise de la fin des années 1930 dans Les Promises (Albin Michel, sortie le 9 septembre).

Les tourments de l'Afrique et de l'esclavage pointent dans Mamba Point blues (Presses de la Cité) de Christophe Naigeon, qui fait voyager entre New York, la France et le Liberia, ou dans La Porte du voyage sans retour (Seuil) de David Diop, romancier fraîchement couronné du Booker Prize international, qui signe une version romancée des aventures d'un naturaliste français au Sénégal au XVIIIe siècle. De blues il est aussi question dans Delta Blues (Grasset) de Julien Delmaire, qui raconte la naissance de cette musique dans le delta du Mississippi.

Plus près de nous dans le temps, Michaël Prazan trace le portrait d'un ancien de l'Armée rouge japonaise avec Souvenirs du rivage des morts (Rivages), et Julie Ruocco explore le Kurdistan syrien et ses alentours, ravagés par le conflit de ces dix dernières années, dans Furies (Actes Sud).