Cinéma : L’acteur et réalisateur Jean-François Stévenin est mort à 77 ans

DISPARITION Figure familière du cinéma français, Jean-François Stévenin a notamment réalisé « Doubles messieurs » ou encore « Mischka »

20 Minutes avec AFP
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L'acteur Jean-François Stévenin, à La Rochelle en 2014.
L'acteur Jean-François Stévenin, à La Rochelle en 2014. — LAURENT VU

Son visage rond et ses yeux bleus perçants vont manquer au cinéma français. L’acteur Jean-François Stévenin, qui a commencé sa carrière chez Rivette et Truffaut avant de devenir un second rôle prisé puis un réalisateur culte en seulement trois films, est mort mardi à 77 ans.

« Il est décédé à l’hôpital à Neuilly, il s’est bien battu », a affirmé son fils Sagamore Stévenin, également comédien. Réalisateur de Passe montagne, Doubles messieurs et Mischka, Jean-François Stévenin est un acteur prolifique vu dans des films aussi éclectiques que L’argent de poche de François Truffaut, Une chambre en ville de Jacques Demy ou encore Le pacte des loups de Christophe Gans.

Et Cuba changea tout

Né dans le Jura en 1944, cet ancien étudiant à HEC, au parcours romanesque et buissonnier, découvre les plateaux de cinéma lors d’un stage à Cuba… sur la production laitière. « Je ne savais rien faire, mais j’ai appris à parler espagnol très vite, et je me suis fondu dans l’équipe. Incognito », racontait-il.

En 1968, il devient assistant d’Alain Cavalier sur le tournage de La Chamade. « Pendant dix ans, j’étais assistant, je n’avais jamais pensé à jouer. (…) Et dans Out One, de Jacques Rivette, où Juliet Berto avait dit : "C’est drôle, l’assistant ressemble à Brando, pourquoi il ne jouerait pas Marlon ?" La scène a été gardée au montage », se souvenait-il en 2000 pour Libération. Dans les années 1980, il tourne sous la direction de Jean-Luc Godard (Passion), Bertrand Blier (Notre histoire) et Catherine Breillat (36 Fillette). Puis viendront les films à plus grand succès comme Le Pacte des loups, où il joue avec Vincent Cassel et Samuel Le Bihan ou encore L’Homme du train réalisé par Patrice Leconte.

Chef de clan

Son travail de cinéaste lui vaudra en 2018 un prix Jean-Vigo d’honneur qui lui a été remis par Agnès Varda. Cette récompense distingue l’indépendance d’esprit, la qualité et l’originalité. Ses films, où la nature est très présente, sont marqués par le cinéma de Cassavetes et, comme le cinéaste américain, il aime à filmer ses proches. Il est père de quatre enfants, tous acteurs : Sagamore, Robinson, Salomé et Pierre. Son dernier film, Illusions perdues de Xavier Giannoli, adapté de Balzac, doit être présenté à la rentrée au festival de Venise.