Patrimoine mondial de l'Unesco : Le phare de Cordouan et des villes d’eau européennes classées

COCORICO Onze grandes villes d’eau européennes, dont Vichy, entrent en même temps au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme le sémaphore de l'estuaire de la Gironde

R. G.-V. avec AFP
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Le phare de Cordouan, dans l'estuaire de la Gironde.
Le phare de Cordouan, dans l'estuaire de la Gironde. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le roi des phares et le phare des rois, le phare de Cordouan, a fait son entrée ce samedi au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Ainsi en a décidé la branche de l’Organisation des Nations unies chargées des questions culturelles et d’éducation. Le phare de Cordouan est situé à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, entre les départements de la Gironde et de la Charente-Maritime. « Les grandes villes d’eau d’Europe », fleurons du thermalisme européen très en vogue entre le début du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle, intègrent également la liste ce samedi.

Sept pays avaient déposé de concert ce dossier d’inscription pour onze de leurs villes : Bad Ems, Baden-Baden, Bad Kissingen (Allemagne) ; Baden bei Wien (Autriche) ; Spa (Belgique) ; Vichy (France) ; Montecatini Terme (Italie) ; Bath (Royaume-Uni) ; Franzensbad, Karlovy Vary et Marienbad (République tchèque). Le Comité du patrimoine a reconnu la valeur universelle de ces villes qui, bien que « différentes », « se sont développées autour de sources d’eau minérale, qui ont été le catalyseur d’un modèle d’organisation spatiale dédié aux fonctions curatives, thérapeutiques, récréatives et sociales ».

Un témoignage du phénomène thermal européen

Ces « eaux » ont donné leur cachet à ces villes, en couplant activités à visées thérapeutiques à des activités de loisirs, dans un environnement composé de parcs urbains et de promenades prisés des curistes, mais aussi théâtres et salles de concert par exemple. Elles présentaient « un important échange d’idées innovantes qui ont influencé le développement de la médecine, de la balnéothérapie et des activités de loisirs ».

« Les grandes villes d’eaux d’Europe constituent un témoignage exceptionnel sur le phénomène thermal européen, qui trouve ses racines dans l’Antiquité, mais qui a connu son apogée entre 1700 environ et les années 1930 », souligne le projet de Déclaration de valeur universelle, adopté samedi, lors d’une session retransmise en direct.

Le deuxième phare dans la liste

Le phare de Cordouan est quant à lui le dernier phare de mer habité en France. L’imposante tour tronconique de pierre claire, qui balise l’entrée du plus grand estuaire d’Europe, entre Verdon-sur-Mer (Gironde) et Royan (Charente-Maritime) depuis quatre cents ans, est ainsi le deuxième phare inscrit sur sa liste par l’Unesco, après celui de La Corogne en Espagne. Voulu par Henri III pour remplacer une vieille tour à feu anglaise, construit sous Henri IV et rehaussé sous Louis XVI, le phare avait été inauguré en 1611.

La ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, s’est félicitée de ces annonces. Le Comité du patrimoine mondial est réuni en ligne jusqu’au 31 juillet sous la présidence depuis Fuzhou (Chine) de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’Éducation et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco pour sa session annuelle.