Raffaella Carrà, star de la culture populaire italienne, est morte

DISPARITION La chanteuse, comédienne et présentatrice télé était l'une des figures les plus appréciées du public italien

Fabien Randanne
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Raffaella Carrà, en octobre 2019.
Raffaella Carrà, en octobre 2019. — Massimo Insabato/REX/SIPA

L'Italie a perdu ce lundi l’une de ses artistes les plus aimées. Raffaella Carrà est morte à l’âge de 78 ans. « Elle nous a quittés. Elle est partie dans un monde meilleur ou son humanité, son rire inimitable et son talent extraordinaire resplendiront pour toujours », a annoncé Sergio Japino, son ancien compagnon dans un communiqué relayé par plusieurs médias transalpins.

« Elle s’est éteinte à 16h20 aujourd’hui [lundi], suite à une maladie qui, depuis quelque temps avait attaqué son corps si menu mais pourtant débordant d’énergie », indique le message. Chanteuse, actrice, présentatrice télé et radio, coach de la version italienne de The Voice durant trois saisons, Raffaella Carrà n’avait pas l’habitude de s’économiser.

Icône

Née à Bologne en juin 1943, elle avait commencé sa carrière enfant, au cinéma. Mais c’est essentiellement grâce à la musique qu’elle a accédé à une notoriété dépassant largement les frontières de l’Italie pour atteindre l’Espagne, la Grèce et l’Amérique du Sud. Au cours de sa carrière musicale entamée en 1970, Raffaella Carrà a vendu quelque 60 millions d’albums et interprété des tubes tels que Rumore, Tanti Auguri ou A Far L’Amore Comincia Tu. Il y a dix ans, une version remixée par Bob Sinclar avait à son tour rencontré le succès avant d’habiller l’une des séquences emblématiques du film La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino.

Raffaella Carrà était par ailleurs une icône gay. A ce sujet, elle avait déclaré à Vanity Fair Italie qu’elle en ignorait la raison. « Je mourrai sans le savoir. Sur ma tombe, sera écrit : "Pourquoi les gays m’aiment-ils tant ?" ». En réalité, l’artiste avait, depuis les années 1970, régulièrement exprimé son soutien envers la communauté LGBT. « Vivez cette semaine dans la joie, mais les combats ne sont pas finis. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour abattre les préjugés », avait-elle déclaré en 2017, année où elle fut sacrée « icône gay mondiale », lors de la World Pride de Madrid (Espagne).

Ce lundi, c’est une icône tout court que pleurent des générations d’Italiens et d’Italiennes dont la vie a été rythmée, sur les écrans et les pistes de danse, pendant plus de cinq décennies, par cette femme au carré blond.