Nantes : Très prisé à l’étranger, Jean Jullien signe son retour avec de nouvelles œuvres

ART L'illustrateur a dessiné les personnages monumentaux qui animent le Jardin des plantes de Nantes. Une deuxième saison vient tout juste d'être dévoilée

Frédéric Brenon
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Jean Jullien devant le « siesteur », un personnage qu'il a dessiné, installé dans le Jardin des plantes à Nantes
Jean Jullien devant le « siesteur », un personnage qu'il a dessiné, installé dans le Jardin des plantes à Nantes — F.Brenon/20Minutes
  • Jean Jullien est un dessinateur, peintre et graphiste français.
  • Il connaît depuis plusieurs années un grand succès avec ses expositions, affiches et publicités.
  • Il est l’auteur du projet « Filili Viridi » au Jardin des plantes de Nantes.

Les Nantais le connaissaient un peu pour ses affiches des lieux emblématiques de la Cité des ducs (Decré, Grue Titan, stade Saupin, Béghin-Say…) et, surtout, pour les décors du Nid, ce bar étonnant situé au dernier étage de la Tour Bretagne, fermé depuis un an. Mais Jean Jullien, 38 ans, est aussi l’auteur des personnages géants fantaisistes qui égaient le Jardin des plantes depuis un an. Après une première expérience l’été dernier qui a plu au public, l’artiste originaire du quartier Mellinet vient de remettre ça avec trois nouveaux bonshommes visibles depuis quelques jours : « l’observateur », le « siesteur » et le « passeur ».

« L’idée c’est de surprendre le visiteur en jouant avec les arbres, les plantes, les reflets, les échelles, explique Jean Jullien. Je suis très fier de travailler à nouveau sur ce projet. Nantes, c’est là où j’ai grandi. J’ai baigné dans la dynamique culturelle de cette ville : le Festival d’été, les Allumées, Royal de luxe… C’était riche. Ça m’a nourri personnellement, ça m’a ouvert des horizons. J’ai d’ailleurs prévu de revenir cet été pour voir le parcours du Voyage à Nantes, il s’y passe un truc un peu dingue. »

« Je ne m’adresse pas à des connaisseurs »

L’illustrateur, réputé pour ses dessins « spontanés » et « populaires », a quitté sa ville natale il y a quinze ans pour étudier et travailler à Londres. Il est depuis sollicité dans le monde entier pour des expositions, campagnes de communication et affiches. Parmi ses clients prestigieux : Amnesty international, The New York Times, National Geographic, le Centre Pompidou, Petit Bateau, Champion USA… « Là Je viens de finir une série sur le surf dans le Pays basque. Je travaille en parallèle sur une marque de vêtements en Corée du sud. J’ai aussi cinq expos de prévues au Japon en septembre. Je prépare aussi des expositions pour Lyon et le Frac Bretagne l’année prochaine », énumère celui qui a pour modèles Raymond Savignac, Tomi Ungerer, Sempé, ou le graphiste américain Saul Bass.

Pourquoi fait-on autant appel à lui ? « J’ai un dessin un peu limité techniquement à la base donc ce qui m’anime c’est surtout de donner vie à des idées intéressantes que ce soit en scultpture, en peinture, en animation, en collaboration avec des équipes qui ont un savoir-faire pour les matérialiser, tente d’expliquer Jean Jullien. Je crois que le public apprécie une simplicité peut-être un peu universelle. Graphiquement c’est accessible. Je ne m’adresse pas à des connaisseurs. »

« Aucune école d’art ne voulait de lui ! »

Désormais installés en Bretagne, ses parents ne cachent pas leur « fierté » devant le parcours de leur fils. « Je me souviens encore qu’aucune école d’art ne voulait de lui ! raconte Sylvie, sa maman. Jean a toujours dessiné. Il est extrêmement créatif, il travaille beaucoup, mais en même temps il a su conserver une véritable éthique. Il sait refuser des projets qui ne lui correspondent pas. Il est aussi très fidèle avec ses amis, sa famille. »

« Ce qui m’arrive m’étonne moi-même, confie Jean Jullien. Je me considère comme un privilégié. Ça veut dire que mon travail plaît et, ça, c’est la plus belle des récompenses. »