La grève à Europe 1 reconduite pour 24 heures

MOBILISATION La poursuite du mouvement a été décidée à la quasi-unanimité

20 Minutes avec AFP

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Des micros floqués du logo d'Europe 1.
Des micros floqués du logo d'Europe 1. — Thomas SAMSON / AFP

La grève à Europe 1, qui réunit depuis vendredi toutes les catégories de salariés, a été reconduite pour une durée de 24 heures. La poursuite du mouvement a été décidée à la quasi-unanimité, indique-t-on de source syndicale ce lundi. Les grévistes réclament notamment que Constance Benqué, présidente de Lagardère News, « vienne rencontrer la rédaction le plus vite possible » pour débattre avec elle de la clause de conscience permettant aux journalistes de quitter un titre avec des indemnités en cas de changement de ligne éditoriale, a précisé un gréviste.

Les grévistes s’inquiètent notamment de voir Europe 1 devenir un « média d’opinion » au gré des rapprochements envisagés avec la chaîne CNews, la chaîne d’information du groupe Canal+, filiale de Vivendi, contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré. Ils réclament aussi l’annulation de la procédure de sanction disciplinaire visant un journaliste de la radio du groupe Lagardère, à l’origine de la grève.

L’émission de Philippe Vandel pas assurée

Sur 101 votants, « 98 ont voté pour » la reconduction de la grève, « 3 personnes se sont prononcées contre », a précisé Olivier Samain, délégué syndical SNJ, annonçant une nouvelle assemblée générale mardi matin à 10 h.

Lundi, le mouvement, suivi par « 70 % des journalistes, techniciens, programmateurs d’Europe 1 », d’après un gréviste, a eu un impact relatif sur les ondes, la plupart des programmes étant diffusés normalement grâce au remplacement des grévistes. Le matinalier Matthieu Belliard, gréviste qui va perdre l’animation de sa tranche à la rentrée, selon une source proche du dossier, a notamment été remplacé par Pierre de Vilno. L’émission de Philippe Vandel n’a en revanche pas été assurée.

Une « emprise de plus en plus évidente […] de Vincent Bolloré »

Il aura fallu la chronique de l’humoriste Nicolas Canteloup, peu avant 9 heures, pour que la grève soit évoquée à l’antenne. Malgré un débrayage massif, « pas un mot à l’antenne pour informer nos auditeurs », s’est ainsi indignée sur Twitter la Société des rédacteurs (SDR) de la radio, fustigeant « le mépris affiché pour les auditeurs et les salariés engagés ».

Plusieurs dizaines de personnes se sont en outre rassemblées lundi matin devant les locaux de la radio avant l’assemblée générale. On constate une « emprise de plus en plus évidente, de plus en plus forte de Vincent Bolloré sur la grille de rentrée (…) La méthode Bolloré est déjà à l’œuvre chez Europe 1, ça promet pour la suite », a déploré Olivier Samain.