Arcimboldo face aux contemporains au Centre Pompidou Metz

EXPOSITION Jusq'au 22 novembre 2021, le musée de Metz accueille « Face à Arcimboldo », une exposition inédite qui retrace le génie de l’artiste milanais du XVIe siècle

Carla Loridan

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Skokloster Castle/SHM
  • Le Centre Pompidou de Metz rend hommage à Giuseppe Arcimboldo dans sa nouvelle exposition « Face à Arcimboldo », ouverte au public jusqu'au 22 novembre 2021.
  • À travers un parcours original imaginé par Chiara Parisi, directrice du Centre, les visiteurs pourront découvrir des créations inédites du peintre milanais comme le célèbre Printemps mais aussi des œuvres d’artistes allant du XVIe au XXIe siècle, rappelant l’univers d’Arcimboldo.

Des pivoines, des églantines, des roses, des marguerites, un chou, une courge, des fraises… Si au premier abord, on peut croire à la description d’une nature morte, il suffit de s’éloigner de quelques mètres de cette composition végétale pour que se révèle le visage féminin du Printemps, célèbre tableau de Giuseppe Arcimboldo.

Jusqu'au 22 novembre 2021, les visiteurs du Centre Pompidou-Metz pourront tenter cette expérience trompe-l’œil à l’occasion de Face à Arcimboldo, une exposition inédite mettant à l’honneur les travaux méconnus du peintre italien de la Renaissance et son impact artistique.

Inspiration vénitienne

Pour rendre compte des multiples talents du maître lombard, rendu célèbre par ses Saisons – ces fameuses têtes composées de fruits, légumes, fleurs et autres végétaux régulièrement copiées par les artistes en herbe d'écoles maternelles – Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou Metz depuis décembre 2019, a imaginé un hommage étonnant. Dans la lignée de L’Effet Arcimboldo. Les transformations du visage au XVIe siècle et au XXe siècle, première exposition consacrée à l’artiste réalisée par Pontus Hultén au Palazzo Grassi de Venise en 1987, le travail d’Arcimboldo est mis en perspective avec les œuvres de plus 130 artistes de l’Antiquité à nos jours.

« Lorsque j’étais au collège de Rome, j’ai visité l’exposition de Pontus Hultén en 1987. Je crois qu’elle a, en quelque sorte, déterminé le travail que je fais aujourd’hui », dévoile Chiara Parisi. Impensable, donc, pour la directrice du Centre de ne pas faire figurer au cœur de sa première programmation depuis sa nomination « l’Hommage à Arcimboldo, Cono et la Table de Chagny » de Mario Merz. Commandée par Pontus Hultén à Mario Merz pour son exposition de Venise, cette installation en trois parties est recomposée pour la première fois depuis 1987, spécialement pour « Face à Arcimboldo ».

Repenser l’exposition classique

Dans une scénographie très neutre, conçue avec des parpaings gris en béton, et sans repère chronologique, ni regroupement thématique, seul Arcimboldo vient faire le lien entre le surréalisme de Salvador Dalí, le cubisme de Picasso ou le pop art de Roy Lichtenstein. Le visiteur est alors invité à cheminer au gré de sa curiosité et au rythme des œuvres, des époques et des genres qui s’entrechoquent. Si cette déambulation très libre peut être perturbante pour certains, Anne Horvath, commissaire de l’exposition justifie néanmoins ce choix : « Ce parcours nous mène vers les créations qui nous donnent le plus envie. On se perd dans l’exposition, on ne sait plus si on est au XVIe ou au XXIe siècle, qui est l’auteur de quoi… Cela crée un rapport direct et réel avec les œuvres ».

Une réception contemporaine

Étudié dès l’école et admiré par les plus grands artistes du XVIe siècle à nos jours, Arcimboldo irrigue de ses œuvres l’histoire de l’art depuis plus de cinq siècles. Cette influence, Anne Horvath, l’explique par l’universalité d’Arcimboldo : « Dans ses œuvres, on observe à la fois un côté ludique, avec des objets de la vie quotidienne qui parlent à un jeune public mais on déchiffre surtout des messages cachés et des paradoxes entre l’être humain et l’animal, le végétal et le minéral ou le monstrueux et le merveilleux. Tant de questionnements qui ont inspiré, indirectement ou non, de nombreux artistes au fil des années. »

Face à Arcimboldo est également l’occasion d’apprécier l’artiste italien sous de nouvelles facettes. « Il serait dommage de le résumer aux quatre saisons », déclare Anne Horvath. On apprend alors qu’Arcimboldo était peintre officiel à la cour des Habsbourg, chef d’orchestre, conseiller des collections impériales chargé d’alimenter les cabinets de curiosités des empereurs de l’époque ou encore inventeur. « Il aurait créé le clavecin oculaire, malheureusement nous n’avons à ce jour aucune trace de ces travaux », déplore Anne Horvath. Au détour d’un croquis, on découvre également des œuvres inédites de l’artiste comme des vitraux, provenant du Duomo de Milan.

Pour célébrer le week-end d’ouverture de l’exposition « Face à Arcimboldo » et le retour du public, ce samedi 29 et dimanche 30 mai, le Centre Pompidou Metz proposera une série d’événements artistiques inédits et gratuits dans le cadre de la programmation Renaissance.