« Rappeuses en liberté » veut faire émerger une nouvelle génération de femmes dans le hip-hop

CONCOURS Imaginé par Rafe Productions, en partenariat avec l’Université Paris 8, le dispositif Rappeuses en liberté a pour objectif de soutenir des rappeuses en devenir en leur offrant un suivi professionnel

Carla Loridan
Chilla sort son premier album «Mun».
Chilla sort son premier album «Mun». — SARAH SCHLUMBERGER
  • En association avec l’Université Paris 8, Rafe Productions lance Rappeuses en liberté, un programme d’accompagnement pour des femmes artistes qui souhaitent évoluer dans le milieu du rap.
  • Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 27 mai. Par la suite, 10 rappeuses seront sélectionnées pour participer à des ateliers et masterclass, encadrées par des professionnels de la musique.
  • Ce dispositif est également l’occasion de soutenir l’émergence d’une nouvelle génération de rappeuses en France.

312. C’est le nombre de rappeuses professionnelles recensées, selon le site Madame Rap. Et pourtant, lorsque l’on parle de rap féminin en France, Diam’s reste encore l’exemple le plus cité, même 10 ans après sa retraite. Pour pallier ce manque de visibilité et de représentation des femmes dans le rap, Rafe Productions, en association avec l’Université Paris 8, dévoile Rappeuses en liberté : un programme d’accompagnement professionnel dédié aux artistes féminines qui souhaitent se lancer dans le rap.

Pour participer à ce programme, les candidates intéressées ont jusqu’au 27 mai pour soumettre un freestyle de leur choix et une vidéo de présentation sur le site de Rappeuses en liberté (voir encadré)

Promouvoir une nouvelle génération

Rappeuses en liberté est également un moyen de lutter contre la faible représentation des femmes dans le milieu du rap en donnant de la visibilité à des jeunes talents issues de toute la France. C’est notamment pour cette raison que la productrice Béatrice Bonnefoi, qui a déjà travaillé avec Kery James, Sofiane, Vald, Lino ou encore Chilla, a décidé de prendre part au jury de ce dispositif : « En temps normal, on évolue dans un microcosme relativement parisien. Mais avec cette initiative, j’ai envie de voir ce que les rappeuses d’Annecy, de Lille, de Tourcoing… sont capables de nous donner. Je suis persuadée qu’il y a plein de femmes dans leurs chambres qui font des freestyles et qui écrivent. J’ai envie de savoir où elles se trouvent », confie la productrice.

Pour la rappeuse belge Aly Bass, marraine de Rappeuses en liberté, cette initiative est l’occasion pour des futures artistes de revendiquer leur statut de femme dans la musique. « Quand t’es un peu féminine et que tu ressembles pas à un mec dans le rap tu dois prouver deux fois plus. Donc c’est important de mettre en avant les artistes féminines. Aux États-Unis, les rappeuses sont premières des ventes et ça ne pose de problème à personne. Chez nous on a encore du mal avec ça alors que nos rappeuses sont talentueuses », détaille Aly Bass.

Vers une évolution positive

« Tu cherchais des meufs dans le rap, je suis là », lançait la rappeuse Le Juiice dans un freestyle lors de l’émission Rentre dans le Cercle de Sofiane. Désormais, à l’image de Chilla, Shay, Lala &ce, Lous and the Yakuza, Sally, Meryl​… les artistes féminines se font de plus en plus nombreuses dans le milieu du rap. « Ce qui est appréciable aujourd’hui plus qu’hier c’est que ces femmes ont compris qu’il fallait se réunir, s’entraider et se soutenir. Elles se présentent ensemble et c’est ce qu’il fait qu’on les voit de plus en plus », explique Béatrice Bonnefoi.

Dès lors, Aly Bass invite toutes les rappeuses intéressées par Rappeuses en liberté « à foncer, ne pas se mettre de barrière et surtout ne pas avoir peur de se lancer. Le jury est bienveillant, professionnel et surtout sans jugement. C’est l’occasion ou jamais de tenter sa chance pour aller au bout de ses rêves », assure la rappeuse belge.

Un dispositif en trois temps

Un jury de professionnels de la musique composé, entre autres, de Leila Sy, Pauline Reignault et Béatrice Bonnefoi, sélectionnera, mi-juin, dix rappeuses qui pourront suivre des ateliers d’écriture, des formations vocales en studio… et monter sur scène lors du Festival Grand 8, organisé par .

Suite à cette performance, la marraine et le parrain de cette première édition : Aly Bass et Fif Tobossi (Booska-P), ainsi que le jury, désigneront les trois lauréates qui auront la chance d’enregistrer un morceau en studio, de le jouer sur scène mais aussi de remporter la somme de 2000€ pour développer leur projet. Les trois gagnantes auront également l’opportunité de signer un contrat en tant qu’égérie pour la marque Puma.