Montpellier : Une galerie d’art à ciel ouvert sur 200 panneaux publicitaires

DETOURNEMENT Jusqu’au 18 mai, 200 panneaux publicitaires servent de supports à 50 street-artistes de la ville

Jérôme Diesnis

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A l'image de Noluck, 50 street-artistes sont exposés sur les panneaux publicitaires de la Montpellier.
A l'image de Noluck, 50 street-artistes sont exposés sur les panneaux publicitaires de la Montpellier. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Pendant trois semaines, 200 panneaux publicitaires sont mis à la disposition de 50 street artistes de Montpellier.
  • Cette exposition est financée par JC Decaux. Elle fait suite à une exonération de redevance offerte par la municipalité. Une décision prise sans délibération au conseil municipal qui a entraîné la saisie de la Cour des comptes.
  • Les artistes ne sont pas rémunérés, mais adhèrent au projet. Parallèlement à l’événement, une cagnotte en ligne a été ouverte.

La ville de Montpellier ressemble à une galerie d’art à ciel ouvert. Jusqu’au 18 mai, deux œuvres de cinquante street-artistes vivants ou nés à Montpellier, sont exposées sur 200 panneaux publicitaires de la ville. Une façon d’aider la création originale frappée de plein fouet par la crise sanitaire du Covid-19.

Le collectif Art Station, qui avait entrepris en 2016, puis en 2018, de redécorer la station de tramway Corum, avait lancé l’idée d’une grande expo à ciel ouvert ces dernières années. « Ça n’avait pas abouti avec l’ancienne administration municipale. Là, il se trouve que ça a bien plu à la nouvelle », détaille Boris Norbert, président de l’association. Il rêve d’un projet similaire dans d’autres villes de France. « On a quelques touches. On aimerait pérenniser cette démarche, interpeller et montrer que l’on peut mettre de l’art au milieu des pubs ».

L’absence d’un parcours itinérant

Cette exposition grand format à ciel ouvert à un coût, estimé à environ 200.000 euros. Il est entièrement pris en charge par l’afficheur JC Decaux, délégataire de ces emplacements publicitaires. Une façon de renvoyer la balle. « Nous sommes », un collectif d’opposition divers gauche au conseil municipal, a saisi en mars la cour des comptes pour dénoncer une exonération de redevance 264.901 euros dont a bénéficié la société, sans délibération au conseil municipal. Une aide financière justifiée par la collectivité par le manque de visibilité de ces panneaux en raison de la pandémie en 2020.

Cette campagne de street-art dans la ville fait le bonheur des amateurs, dont certains se sont lancés à la chasse aux œuvres d’artistes de renommée internationale, comme Mr Garcin, Salamech ou Seb Niark1. C’est d’ailleurs l’un des regrets liés à cette exposition puisque les œuvres ne font pas l’objet d’un parcours itinérant. L’oubli est en cours de réparation. « Un petit souci d’organisation nous a empêchés d’avoir la liste des emplacements, mais on les référence au fur et à mesure », explique le collectif.

Pas rémunérés, les artistes adhèrent au projet

Les artistes, de leur côté, ne sont pas directement rémunérés, mais adhérent au projet, dans cette période compliquée. « Vraiment ravi de trouver deux de mes œuvres dans les rues de Montpellier parmi les cent sélectionnés », savoure Mr Garcin. La reproduction de ces affiches, sous trois fromats, est mise en vente en ligne sous la forme d’une cagnotte solitaire ouverte sur Kisskissbankbank. « L’argent récolté sera divisé à parts égales entre tous les artistes. On espère dépasser l’objectif des 10 000 euros », conclut Boris Norbert.

Si rien n’est officiel, il se murmure à la mairie que la démarche rapidement pourrait être reconduite, cette fois en se coordonnant avec d’autres acteurs comme l’office de tourisme afin de davantage la valoriser.