« Je ne suis pas une personne qui a beaucoup confiance en elle », explique Girl in Red, jeune chanteuse et icône queer

QUEER-ATTITUDE Diamant brut norvégien, Marie Ulven Ringheim alias Girl in Red dévoile son premier album « If I Could Make It Go Quiet »

Carla Loridan

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girl in red dévoile son premier album « If I Could Make It Go Quiet ».
girl in red dévoile son premier album « If I Could Make It Go Quiet ». — Jonathan Kise
  • Après plusieurs singles dont « We Fell in Love in October » qui cumule plus de 42 millions de vues sur YouTube, Marie Ulven Ringheim alias Girl in Red dévoile à 22 ans son premier projet intitulé « If I Could Make It Go Quiet ».
  • Dans cet album de 11 titres, réalisé pendant la pandémie, Girl in Red aborde des sujets comme sa santé mentale, son orientation sexuelle ou encore sa confiance en elle.
  • Grâce à ses paroles assumées et parfois crues sur ses relations amoureuses avec les femmes, Marie Ulven est devenue une icône lesbienne.

« Est-ce que tu écoutes Girl in Red ? » Cette question signifie plus que vous ne le pensez. Elle est devenue un moyen codé pour les femmes sur les réseaux de se demander entre elles si elles sont queers. Mais derrière « Girl in Red » se cache aussi une musicienne qui oscille entre la douceur vocale de Billie Eilish et la rebel attitude d’ Avril Lavigne. Icône de la Gen-Z et phénomène du moment, Marie Ulven Ringheim dévoile son premier album If I Could Make It Go Quiet.

À 22 ans, la Norvégienne livre dans ce projet ses peines de cœur, ses problèmes de santé mentale et de confiance en elle, tel un journal intime. Authentique, Girl in Red n’a pas peur de mettre en avant ses émotions et sa vulnérabilité à travers sa musique. « C’est important pour moi de parler de ces choses-là dans mes morceaux parce que c’est ce que je vis en ce moment et ça permet à d’autres personnes de pouvoir se retrouver dans mes paroles », déclare-t-elle à 20 Minutes.

Aucune thématique n’est taboue pour la chanteuse qui a même tiré son nom de scène d'un chagrin d’amour. « Girl in Red » est une référence à l’un de ses premiers amours, une jeune fille rencontrée lors d’un festival vêtue d’un sweat rouge.

Un premier album marqué par la pandémie

Marie Ulven fait ses premiers pas dans la musique grâce à une guitare électrique qu’elle reçoit pour Noël en 2012. À l’époque, elle est bercée par Justin Bieber, les One Direction et surtout Taylor Swift, son idole. C’est en 2018 que Girl in Red connaît ses premiers succès avec des singles comme We Fell in Love in October et I Wanna Be Your Girlfriend, morceau classé parmi les 10 meilleures chansons de l’année selon le New York Times.

La chanteuse surfe alors sur la vague de son succès et travaille dès 2019 sur son futur premier projet If I Could Make It Go Quiet. Mais c’est sans compter sur la pandémie mondiale qui vient mettre un coup d’arrêt à ses ambitions. La jeune norvégienne ne se laisse pas abattre pour autant et poursuit l’écriture et la composition de son projet, qualifié de « bedroom pop », directement depuis sa chambre. La chanteuse s’offre même en prime des collaborations de renom comme Finneas O’Connell, frère de Billie Eilish avec qui elle va co-produire le morceau Serotonin. « On a tout fait à l’aide du logiciel Zoom, ce n’était pas toujours simple mais c’était vraiment cool d’avoir un de mes producteurs préférés pour bosser avec moi », explique-t-elle.

Icône malgré elle

Quelques jours après la sortie de son projet, Girl in Red peut relâcher Un peu la pression et se réjouir des retours très positifs sur sa musique. « Taylor Swift a mentionné mon album dans unE de ses stories sur Instagram », s’exclame-t-elle avec joie. Une consécration. Mais le répit sera de courte durée. Avec une promo impactée, elle aussi, par la pandémie, la jeune artiste enchaine depuis Oslo, les interviews avec des médias venus des quatre coins du monde pour échanger avec l'étoile montante. Un succès encore difficile à accepter pour Marie Ulven : « Je ne suis pas une personne qui a beaucoup confiance en elle, je travaille dessus. Mais je reste avant tout très reconnaissante car être reconnue mondialement c’est ce dont je rêvais », assure-t-elle.

Girl in Red doit également son succès international aux réseaux sociaux. Dès la sortie de ses premiers singles qui relatent ses histoires d’amours avec une autre femme, les morceaux ont été utilisés à maintes reprises sur TikTok et sont devenus incontournables notamment auprès de la communauté LGBTQ. Marie Ulven est alors proclamée « Icône queer » et la question « est-ce que tu écoutes du Girl in Red ? » pour se renseigner sur l’orientation sexuelle de son interlocutrice est devenue de plus en plus populaire. « Je trouve ça vraiment amusant que ce soit devenu une trend sur TikTok. C’est vraiment cool d’avoir ce niveau d’impact culturel. De base, je vis simplement ma vie et je fais de la musique. Mais je trouve ça génial que les gens puissent avoir quelqu’un à admirer s’ils en ont besoin et je suis heureuse d’être cette personne », se réjouit la chanteuse.

Retour à Paris

En attendant de fouler les planches de la Cigale le 7 mai 2022, Girl in Red s’imagine déjà devant son public français, qu’elle connaît bien. « J’étais déjà venue en France pour trois concerts à Paris. Les fans m’avaient organisé une surprise avec des lumières et des photos, c'était hyper touchant. J’ai tellement hâte de pouvoir revenir sur la scène parisienne et crier "la fille en rouge" », s’exclame-t-elle en français.

Mais avant de penser à sa tournée européenne de 2022, Girl in Red souhaite prendre son temps. Ses plans pour la suite ? « Continuer à écrire de la musique bien sûr mais surtout partir en randonnée avec mes amis et profiter un peu de la vie que j’ai dû mettre en pause pour la sortie de mon album. J’ai envie de me retrouver avec moi-même », dévoile-t-elle.