Coronavirus : « Danser Encore », un hymne de ralliement contre les restrictions sanitaires

MOBILISATION Sorti en décembre 2020, le morceau du groupe HK et les Saltimbanks est devenu en quelques semaines un symbole de contestation face aux mesures sanitaires mises en place

Carla Loridan

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Occupation du Grand-Théâtre de Bordeaux par des intermittents et précaires
Occupation du Grand-Théâtre de Bordeaux par des intermittents et précaires — Philippe LOPEZ / AFP
  • En décembre 2020, le groupe HK et les Saltimbanks publie son morceau Danser Encore sur YouTube, en guise de protestation face aux mesures sanitaires prises par le gouvernement.
  • En quelques mois, le morceau est devenu l’hymne anti-confinement. Il se fait entendre dans de nombreux mouvements de mobilisation à travers la France.
  • Le succès est tel que d’autres pays, comme l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique ont réalisé des reprises du morceau.

« Nous, on veut continuer à danser encore ». Si le groupe HK et les Saltimbanks, à l’origine de ces paroles, souhaitait simplement continuer de danser, ils ont rapidement constaté qu’ils n’étaient pas les seuls à vouloir le faire. Musiciens, chanteurs, danseurs… Ils étaient une cinquantaine réunis, jeudi 8 avril, pour entonner en chœur ces paroles, au milieu du hall de la Gare de l’Est de Paris, en guise de protestation face aux restrictions sanitaires.

Cette chanson, intitulée Danser Encore, déplore les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. Elle dénonce également un mépris, ressenti par les professionnels de la culture, face à la fermeture des lieux culturels, qui les prive de l’exercice de leurs activités.

Une chanson fédératrice

Mais depuis quelques semaines, cette mélodie entraînante aux paroles engagées s’est érigée en véritable cri du cœur et s’est fait entendre de Marseille à Saint-Brieuc lors de mouvements de contestations face aux restrictions sanitaires. Danser Encore a su également fédérer les artistes et les intermittents du spectacle qui occupent, depuis mars, certains théâtres publics à travers la France.

Le tube anti-confinement a également donné lieu à de nombreux flashmobs ou concerts parfois improvisés par des musiciens locaux ou organisés par HK et les Saltimbanks eux-mêmes de part et d’autre de l’Hexagone comme en Ardèche, le 20 mars dernier, où 2.000 personnes s’étaient rassemblées pour assister à une performance du groupe.

Victimes de leur succès

Lors de la mise en ligne en décembre dernier sur YouTube, de Danser Encore, ses interprètes originaires de Roubaix, étaient loin de se douter que le potentiel fédérateur du morceau allait atteindre celui de leur précédent titre « On lâche rien ». Une phrase devenue depuis hymne de toutes les manifestations, des retraites aux Gilets jaunes en passant par la loi Sécurité globale.

Désormais, le clip de Danser Encore comptabilise plus de 2 millions de vues sur YouTube et HK et les Saltimbanks ont été invités à venir jouer leur morceau, en guise de soutien, lors de nombreux rassemblements de protestation en France. Petit hic cependant : L’engouement est tel que chaque déplacement du groupe donne lieu à des attroupements. Dès lors, depuis les nouvelles restrictions prises par le gouvernement, début avril, le chanteur HK, a annoncé que ses prochains « concerts » prévus à Nantes, Bordeaux, Toulouse, ou encore Marseille seraient annulés, et ce au moins jusqu’à la fin du mois d’avril.

Mais que le groupe et les manifestants se rassurent, le succès du morceau n’est pas près de s’arrêter pour le moment. Après avoir été chanté à travers la France, c’est au tour de l’Allemagne de l'Espagne ou encore de la Belgique de proposer versions de la chanson mais surtout de continuer à Danser encore.