Coronavirus à Besançon : Un spectacle surprise incarnant « la mort du théâtre » et l’attente d’un renouveau

CONFINEMENT Une soixantaine d’artistes vêtus de noir ont déambulé dans les rues de la ville en portant un fauteuil rouge de théâtre comme un cercueil

20 Minutes avec AFP
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Le Grand-Théâtre de Bordeaux
Le Grand-Théâtre de Bordeaux — Julien Fernandez

Tout en espérant des lendemains qui chantent, une soixantaine d’artistes et d’étudiants en théâtre ont réalisé, ce samedi matin à l’aube dans une rue de Besançon, un spectacle symbolisant « la mort du théâtre » pendant l’épidémie de coronavirus, a constaté un photographe.

Une soixantaine d’artistes vêtus de noir ont entamé, à 6 heures, heure de levée du couvre-feu, une lente déambulation portant, tel un cercueil, un fauteuil rouge de théâtre, suivi d’une coupe de feu, devant de rares spectateurs.

« Une sorte d’enterrement du théâtre tel qu’on l’a connu »

« L’heure a été choisie pour rappeler les contraintes actuelles, et la lenteur (de la déambulation) pour évoquer la lenteur du renouveau qui ne vient pas », a expliqué Stéphanie Ruffier, enseignante de théâtre ayant participé à la performance. « C’est une sorte d’enterrement du théâtre tel qu’on l’a connu, ce qui n’est pas forcément négatif, c’est aussi une volonté de passer à autre chose », a poursuivi Stéphanie Ruffier, soulignant « la sensation de vide » que ressentent actuellement les artistes.

Cet « acte poétique », basé sur un extrait du poème « Adieu » d’Arthur Rimbaud, a duré moins d’une heure, sous le regard de la police. Dans le sillage de la marche, des artistes traçaient au sol une phrase dérivée d’un vers de Rimbaud « Et à l’Aurore, nous… » danserons, chanterons, jouerons, etc. Cette performance s’inscrivait comme un « acte II », après une performance réalisée en mai à la sortie du premier confinement, par 200 artistes ayant réalisé un spectacle surprise à Besançon pour « réveiller les vivants ».