Bertrand Tavernier, réalisateur de « L’horloger de Saint-Paul », est mort

DISPARITION Le cinéaste, scénariste, producteur et président de l'Institut Lumière à Lyon avait 79 ans

Fabien Randanne
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Bertrand Tavernier a reçu cinq César tout au long de sa carrière
Bertrand Tavernier a reçu cinq César tout au long de sa carrière — BERNARD BISSON/JDD/SIPA

Réalisateur et scénariste multirécompensé, il était aussi un ogre de cinéphilie. Bertrand Tavernier est mort, a annoncé l’ Institut Lumière de Lyon, qu’il présidait, ce jeudi. Il avait 79 ans.

« Avec son épouse Sarah, ses enfants Nils et Tiffany et ses petits-enfants, l’Institut Lumière et Thierry Frémaux ont la tristesse et la douleur de vous faire part de la disparition, ce jour, de Bertrand Tavernier », a tweeté l’institution dédiée au 7e art.

Né en avril 1941 à Lyon, le berceau du cinéma qui est toujours resté sa ville d’attache, Bertrand Tavernier a signé une œuvre riche en films marquants ayant rejoint la liste des classiques du cinéma français.

Cinq César

Outre L’horloger de Saint-Paul – tourné dans le quartier lyonnais évoqué dans le titre –, lauréat du Prix Louis-Delluc en 1973, citons Que la fête commence et Capitaine Conan, qui lui ont valu deux César du meilleur réalisateur, ainsi que Le Juge et l’Assassin et ​Un dimanche à la campagne, dont il a signé les scénarios primés aux César. En tout, Bertrand Tavernier a glané cinq César durant sa carrière.

Il y a aussi La Vie et rien d’autre, Bafta du meilleur film étranger en 1990, L’Appât, Ours d’or à Berlin en 1995 ou bien encore L.627, un polar dont l’influence a rejailli sur l’ensemble des fictions policières françaises. Quai d’Orsay, sorti en 2013, est son dernier long-métrage de fiction.

Sa filmographie furète d’un genre (policier, drame, film en costume…) à l’autre au gré des films, sans que l’on puisse lui déceler une marotte ou une thématique en guise de fil rouge. On peut voir dans cet éclectisme le reflet de sa curiosité cinéphile.

Il a d'ailleurs mis à profit son expertise en la matière en coécrivant, en 1970, avec Jean-Pierre Coursodon, le livre 30 ans de cinéma américain. Cet ouvrage de référence a été réédité vingt ans plus tard sous le titre 50 ans de cinéma américain et sera publié, dans une nouvelle version augmentée, d’ici à la fin de l’année sous le titre 100 ans de cinéma américain.

Passion et transmission

En 2016, il a aussi joué les guides généreux et captivants d’un Voyage à travers le cinéma français, d’abord sous la forme d’un film de 3h15, puis d’une série documentaire de huit épisodes de 52 minutes.

Il partageait également son goût du 7e art à travers l’Institut Lumière, dont il était le président. Installé dans la bien nommée rue du Premier film, dans le quartier Monplaisir à Lyon, cette adresse phare des aficionados de cinéma veille à la sauvegarde des œuvres du patrimoine tout en proposant des projections de classiques ou de pépites méconnues. Un lieu alliant passion et transmission, deux mots qui ont toujours animé Bertrand Tavernier.