Saint-Paul-de-Vence: Dans les jardins de la Fondation Maeght, les visiteurs « avaient le besoin vital de revoir un musée »

REPORTAGE Le lieu culturel peut à nouveau recevoir du public depuis le 8 février, mais uniquement dans ses espaces extérieurs

Fabien Binacchi
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Environ 70 sculptures signées des plus grands noms de l'art moderne sont à découvrir dans les jardins de la Fondation Maeght
Environ 70 sculptures signées des plus grands noms de l'art moderne sont à découvrir dans les jardins de la Fondation Maeght — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Alors que les musées sont fermés depuis le 29 octobre, les jardins de la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, peuvent à nouveau accueillir du public.
  • Environ 70 sculptures signées des plus grands noms de l'art moderne y sont exposées à l'année.
  • « J'avais vraiment un besoin vital de me retrouver dans un musée », explique un visiteur sur place.

« Ça fait du bien ! » Ce jour-là, dans les jardins de la Fondation Maeght, sous un soleil voilé par quelques nuages, Arnaud a « bien l’impression de visiter un musée ». « Et avec le Covid-19, j’avais presque oublié comment c’était », ironise cet habitant du département voisin du Var. Face à la pandémie, sur décision du gouvernement, les lieux culturels ont à nouveau fermé leurs portes le 29 octobre 2020. Mais depuis le 8 février, cet espace culturel de Saint-Paul-de-Vence a l’autorisation de la préfecture des Alpes-Maritimes de recevoir à nouveau des visiteurs, uniquement dans ses espaces extérieurs.

Calder, Giacometti, Chagall…. Environ 70 sculptures signées des plus grands noms de l’art moderne y sont exposées à l’année, à l’ombre des pins. Le labyrinthe Miro, un parcours d’œuvres en céramique, fer, bronze et ciment armé, signé du peintre espagnol, vient même d’être restauré.

Les visites se font bien évidemment masquées
Les visites se font bien évidemment masquées - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Même si ce n’est qu’une infime partie des collections de la fondation [qui comptent près de 13.000 références], il me fallait revoir ça. Et vite. Pour ne pas devenir folle. J’avais vraiment un besoin vital de me retrouver dans un musée », confie aussi sur place Véronique, une habitante de Nice (à 25 kilomètres de là) qui fait le déplacement « plusieurs fois par an hors pandémie ».

« Les gens ont vraiment soif de culture »

En temps normal, pendant l’hiver, la Fondation Maeght accueille jusqu’à 300 visiteurs par jour. Et 130.000 en une année. « En ce moment, quotidiennement, nous avons plutôt entre 40 et 70 personnes, surtout des locaux, explique Isabelle Maeght, membre du conseil d’administration. C’est déjà bien, car venir nous voir, ça se mérite. Il faut grimper loin du littoral. Ça nous prouve que les gens ont vraiment soif de culture. »

« Je n’entends parler que français alors que d’habitude nous avons beaucoup d’étrangers », confirme Sophie, la responsable de la boutique, qui peut également accueillir les visiteurs juste avant leur sortie. Ces derniers doivent passer par un escalier intérieur, avec aperçu sur la grande salle d’exposition « de la mairie » - et ses œuvres, pour y accéder. « Il y a une vraie frustration de ne pas pouvoir en voir plus », assure l’employée.

Les visiteurs n'ont qu'un rapide aperçu de la grande salle d'exposition «de la mairie»
Les visiteurs n'ont qu'un rapide aperçu de la grande salle d'exposition «de la mairie» - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Nous avons évidemment hâte de rouvrir totalement, poursuit Isabelle Maeght. Nos protocoles sont prêts depuis le 15 décembre. Et nous serions totalement opérationnels dès demain. » Il n’en est pour le moment pas question. La préfecture des Alpes-Maritimes, qui a délivré cette autorisation d’ouverture partielle selon un protocole très strict, précise même qu’elle pourrait être « revue si des consignes plus drastiques, compte tenu de l’évolution de l’épidémie, étaient données par le gouvernement ».

« Ne pas générer de regroupement statique de personne »

En attendant des jours meilleurs, la fondation doit donc se plier à des règles très cadrées. Elle doit notamment s’assurer pour les « visiteurs et les employés dédiés à l’accueil du public » d’un « strict respect des mesures barrière » mais aussi garantir une « circulation fluide », de quoi « ne pas générer de regroupements statiques de personnes ». Il est aussi obligatoire de « ne laisser aucun outil accessible dans le jardin pour éviter toute contamination éventuelle », précisent encore les services de l’État.

Suspendus aux annonces du préfet, attendues ce mercredi ou jeudi, pour savoir si les prochains week-ends seront encore confinés sur la Côte d’Azur, les responsables de la Fondation Maeght travaillent parallèlement sur la prochaine grande exposition de l’été. Elle doit réunir « en première mondiale » des œuvres d’Alberto Giacometti mais aussi de Giovanni, son père, de ses deux frères, Diego et Bruno, et de son cousin Augusto.

Entre des périodes de chômage partiel, « tout le monde travaille, du menuisier aux bibliothécaires, pour que tout soit prêt », explique Isabelle Maeght. « Les Giacometti : une famille de créateurs » doit ouvrir le dernier week-end du juin « si, d’ici là, tout va bien ».