Coronavirus : Faut-il maintenant se méfier des chats ? C’est l’avis d’une intelligence artificielle

MALADIES Une intelligence artificielle a repéré 126 hôtes potentiels de coronavirus. On retrouve le chat dans la liste des animaux à surveiller de près

L.Be.

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Les chats pourraient être les futurs transmetteurs de coronavirus à l'humain. Illustration
Les chats pourraient être les futurs transmetteurs de coronavirus à l'humain. Illustration — Ty Swartz / Pixabay
  • Une intelligence artificielle a été développée pour repérer les animaux susceptibles de donner naissance aux futures souches de coronavirus.
  • Selon l’algorithme britannique, le chat serait particulièrement perméables à ces virus.
  • Il est un hôte potentiel pour 65 coronavirus, dont le Sars-CoV-2.

D’où viendra le prochain coronavirus ? Au début de la crise sanitaire, le pangolin a été accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre la chauve-souris et l’humain dans la transmission du Covid-19. En réalité, son rôle n’a toujours pas été démontré dans la pandémie et il y a beaucoup plus d’hôtes potentiels parmi les animaux qu’on ne pourrait le croire. Pire, l’hôte de souches futures pourrait être notre animal de compagnie préféré, le chat. C’est l’un des résultats de l’étude « Prédire les hôtes mammifères dans lesquels de nouveaux coronavirus peuvent se développer », publiée par des scientifiques de l’université de Liverpool dans Nature Communications mi-février.

L’équipe de chercheurs s’est fait aider par une intelligence artificielle pour repérer les animaux susceptibles de donner naissance aux futures souches de coronavirus. « Nous voulons savoir d’où pourrait venir le prochain coronavirus, a expliqué Marcus Blagrove, virologue de l’Université de Liverpool, à la BBC. L’une des façons dont ils peuvent se développer est par recombinaison de deux coronavirus existants : deux virus infectent la même cellule et ils se recombinent en un virus "enfant" qui serait une nouvelle souche ».

Plus de 100 hôtes potentiels

« Il y a 30 fois plus de mammifères chez qui pourrait se produire une recombinaison du Sars-CoV-2 et 40 fois plus d’espèces susceptibles d’avoir au moins quatre formes de coronavirus en eux que ce qui a été observé à ce jour », peut-on lire dans l’article de Nature Communications selon lequel le nombre d’animaux sauvages et domestiques qui peuvent développer un nouveau coronavirus a été largement sous estimé.

L’équipe a alimenté l’algorithme de données biologiques sur les virus connus et sur les mammifères (proximité entre les espèces, zones géographiques…). La machine a ensuite été entraînée à repérer les virus et les espèces d’hôtes susceptibles d’être une source de recombinaison. On le sait, la machine a une capacité de traitement des données infiniment plus performante que l’humain. Il est impossible à l’intelligence humaine d’analyser tous les animaux à la fois. Or, l’algorithme peut le faire.

Le modèle qui a été développé par l’équipe de l’Université de Liverpool calcule non seulement la probabilité pour chaque espèce de mammifère de contracter le virus, mais prédit aussi quelle espèce peut constituer un hôte pour plusieurs coronavirus. L’IA a mis le doigt sur 126 hôtes potentiels qu’il faudrait garder à l’œil. Avant l’arrivée du Covid-19, les scientifiques s’étaient, par exemple, peu intéressés au pangolin.

Les chats à surveiller de près

Et, coup de tonnerre pour de nombreux foyers français, le chat fait partie des espèces à surveiller de près. Selon l’algorithme britannique, ils seraient particulièrement perméables à ces virus. Il est un hôte potentiel pour 65 coronavirus, dont le Sars-CoV-2. Notre boule de poils préférée [6 millions de chats ont été adoptés en France] fait partie des principaux risques sous estimés, selon les chercheurs. Avant de le jeter à la porte de chez vous, rassurez-vous. Ce n’est pas parce qu’il est perméable aux coronavirus qu’il l’attrapera. « Tout ce qu’on fait, c’est indiquer dans quels animaux cela peut se produire. Calculer le risque effectif est infiniment plus complexe », insiste Marcus Blagrove auprès de France 24.

« Évidemment que ces conclusions ne sont pas justes à 100 % », admet de son côté Maya Wardeh, l’autrice principale de l’étude auprès de la chaîne d’information. Depuis que l’algorithme a été mis au point, plusieurs nouveaux hôtes du SARS-CoV-2 ont été identifiés, comme le vison. Cela dit, tous les coronavirus ne ressemblent pas au Covid-19. Rappelons que certains coronavirus se limitent à des symptômes de rhume.