La plateforme SoundCloud va rémunérer les artistes en fonction des écoutes

STREAMING Un modèle opposé à celui de Spotify ou Deezer où la rémunération des artistes se fait au prorata des écoutes totales

20 Minutes avec AFP

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Soundcloud, la plate-forme musicale
Soundcloud, la plate-forme musicale — Soundcloud

C’est une première. La plateforme musicale SoundCloud a annoncé ce mardi lancer, dès avril, un nouveau système de rémunération des artistes, plus juste et équitable, car basé sur les durées d’écoute de chaque (' musicien et musicienne. En effet, les autres offres de streaming comme Spotify et Deezer fonctionnent au prorata des écoutes totales et chaque abonné qui paye 10 euros mensuels voit une grosse partie de somme aller dans la poche des artistes les plus streamés.

Deux systèmes de rémunération s’opposent

Ce système dit de « market centric » est très critiqué par les artistes, et s’oppose au modèle théorique du « user centric », qui s’appuierait sur les écoutes individuelles des abonnés. Concrètement, le premier système favorise les grandes stars comme Drake ou Ariana Grande, au détriment des plus petites. C’est donc ce modèle que remet en cause SoundCloud, qui, dès le 1er avril, inaugurera, pour les artistes qui monétisent leurs créations en utilisant les services SoundCloud Premier, Repost by SoundCloud ou Repost Select, un système qui lie leur rémunération aux écoutes de leurs fans.

« C’est une demande qui revient depuis des années dans l’industrie. Nous sommes heureux d’être les premiers à apporter cette innovation pour soutenir les artistes », explique Michael Weissman, directeur général de SoundCloud. Au total, ce sont « près de 100.000 artistes indépendants » dans le monde qui sont concernés.

Une augmentation de 25 % pour les artistes français

Un système plus « juste » et « équitable » selon la plateforme, et qui devrait, in fine, favoriser une plus grande diversité musicale. Selon ses estimations, les artistes français notamment devraient être les grands gagnants de ce changement : ils verraient le montant total qui leur est versé augmenter collectivement de près de 25 %.

Une étude du Centre national de la musique (CNM) français publiée fin janvier estimait que changer le système de répartition des plateformes musicales, en passant du pot commun aux écoutes par artiste, impacterait peu la rétribution des musiciens actuellement marginalisés et aurait pour principal effet de stabiliser le « milieu du classement ». L’étude, menée auprès du cabinet Deloitte, n’incluait toutefois pas la plateforme SoundCloud mais seulement Spotify et Deezer.