Qualifié de « militant islamiste », le journaliste Taha Bouhafs porte plainte contre Eric Zemmour

JUSTICE La plainte vise également un responsable de CNews en tant que directeur de la publication du site Internet de la chaîne

20 Minutes avec AFP

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Taha Bouhafs, journaliste lors de la manifestation le 28 novembre 2020 de la Place de la Republique a la Place de la Bastille a Paris
Taha Bouhafs, journaliste lors de la manifestation le 28 novembre 2020 de la Place de la Republique a la Place de la Bastille a Paris — ISA HARSIN/SIPA

La formule ne passe pas. Taha Bouhafs a porté plainte vendredi pour « injure publique » contre Eric Zemmour et contre  CNews, selon le texte de cette plainte. Le journaliste de 23 ans reproche au polémiste d’avoir dit de lui le 30 novembre sur la chaîne d’information en continu ceci : « Monsieur Bouhafs qui s’appelle journaliste et qui est en fait militant […]. Vous allez pas me dire que lui n’est pas un militant, un militant indigéniste, un militant islamiste ».

D’après cette plainte avec constitution de partie civile déposée vendredi à Paris, qualifier Taha Bouhafs de « militant islamiste » n’est pas « anodin » dans « le contexte actuel ».

Zemmour condamné à plusieurs reprises

« Ces propos ne peuvent que renvoyer à la vague d’attentats commis dans les semaines précédant la diffusion de l’émission » litigieuse, avec des attaques à Paris, à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice, explique la plainte de l’avocat de Taha Bouhafs, Me Arié Alimi. La plainte vise également un responsable de CNews en tant que directeur de la publication du site Internet de la chaîne.

Dans un avis adopté en janvier, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM), indépendant de l’Etat, avait critiqué cette séquence. Eric Zemmour est un pilier de la chaîne d’info CNews. Il a été condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, dont la dernière fois pour incitation à la haine raciale fin septembre.

Une enquête pour « provocation à la haine raciale »

Dans un autre dossier, il a aussi été définitivement condamné à 3.000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse après des propos anti-musulmans tenus en 2016. Dès 2011, il avait été condamné pour provocation à la haine, après avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ».

Il fait l’objet d’une enquête à Paris depuis début octobre pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste » après avoir qualifié les migrants mineurs de « voleurs », « assassins » et « violeurs » sur CNews.