Joseph Ponthus, auteur du livre « A la ligne », est mort

DISPARITION Son récit phare était tiré de son expérience dans l'industrie agroalimentaire bretonne

C.A. avec AFP

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L'auteur Joseph Ponthus avait reçu le 4e prix Régine-Deforges pour son livre A la ligne, évoquant son expérience à l'usine en Bretagne.
L'auteur Joseph Ponthus avait reçu le 4e prix Régine-Deforges pour son livre A la ligne, évoquant son expérience à l'usine en Bretagne. — R. Delalande / SIPA

Il s’est éteint après « un combat acharné » contre le cancer. L’écrivain Joseph Ponthus est décédé à l’âge de 42 ans, ont fait savoir Les Editions de la table ronde ce mercredi. L’auteur originaire de Reims était venu s’installer en Bretagne pour y suivre sa compagne. Cet ancien éducateur avait longtemps exercé en région parisienne avant d’atterrir sur la péninsule. Faute d’emploi à la hauteur de ses diplômes, l’homme s’était tourné vers l’industrie agroalimentaire. C’est cette expérience qui lui inspirera son roman A la ligne - Feuillets d'usine, publié en 2019.

Ce récit sans ponctuation, qui se lisait davantage comme un poème enragé ou un chant partisan, avait reçu plusieurs prix littéraires : le Grand prix RTL-Lire et le Prix Eugène-Dabit du roman populiste. Son objectif : faire entendre la voix de ceux qui en sont le plus souvent privés. Comme ouvrier intérimaire, Joseph Ponthus travaillera d’abord dans une usine de transformation de poissons et crevettes puis dans un abattoir. « Si un jour vous avez l’occasion de tout quitter par amour, n’hésitez pas. C’est la plus belle chose qu’il y ait à faire au monde », avait-il déclaré après la publication de son livre.

Cette expérience lui avait valu d’être amené à témoigner dans le très réussi documentaire d’Anne-Sophie Reinhardt, Les Damnés, où des salariés d’abattoirs racontaient leur quotidien. « Ils décrivent ce qui les a conduits à devoir s’y rendre et à n’avoir comme seul choix que de ne plus pouvoir en partir. Disent combien ce travail comparable à nul autre est source de tourments. Il est question de blessures psychiques, de détresse et failles émotionnelles, de distorsions psychologiques, de cauchemars récurrents, de traumatismes, et en creux de tous les non-dits », expliquait la production au moment de sa diffusion en 2020.