Jeff Koons condamné en appel pour « contrefaçon » d’une publicité Naf-Naf

JUSTICE Jeff Koons a été condamné ce mardi en appel à Paris pour « contrefaçon », pour avoir copié une publicité de Naf-Naf dans une sculpture exposée à Paris en 2014

20 Minutes avec AFP

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Jeff Koons à Paris le 4 octobre 2019
Jeff Koons à Paris le 4 octobre 2019 — Francois Mori/AP/SIPA

Le jugement est confirmé. Jeff Koons a été condamné ce mardi en appel à Paris pour « contrefaçon », pour avoir copié une publicité de la marque française de prêt-à-porter féminin Naf-Naf dans une sculpture exposée à Paris en 2014. La cour d’appel a augmenté les dommages et intérêts accordés au publicitaire Franck Davidovici, concepteur du visuel « Fait d’hiver » pour Naf-Naf en 1985, sur lequel apparaissaient une femme et un cochon.

La cour d’appel a par ailleurs interdit à l’artiste d’exposer cette sculpture en porcelaine de 1988 qui porte le même nom et de la reproduire, notamment sur Internet, sous astreinte de 600 euros par jour, à compter d’un mois après la décision.

L’exception de parodie rejetée

Jeff Koons, mais aussi la société dont il est le gérant et le Centre Georges Pompidou, qui avait exposé l’oeuvre lors d’une rétrospective, ont été condamnés à verser solidairement 190.000 euros de dommages et intérêts – contre 135.000 en première instance. La société a également été condamnée à payer 14.000 euros pour avoir reproduit la sculpture sur le site Internet de l’artiste (11.000 euros en 2018).

Dans ce litige, le conseil de Jeff Koons avait contesté toute contrefaçon, reconnaissant une inspiration mais soutenant notamment avoir créé une « oeuvre d’art à part entière, qui porte l’empreinte de la personnalité de son auteur et porteuse d’un message artistique qui lui est propre ». Dans son arrêt, la cour d’appel a confirmé que Franck Davidovici était bien l’auteur de l’oeuvre « originale », estimant que, s’il existe des « différences », les « ressemblances sont ici prédominantes ».

La cour a aussi rejeté l’exception de parodie et le moyen tiré de la liberté d’expression artistique invoqués par le plasticien.

Koons n’a pas présenté cette oeuvre comme une oeuvre critique

« Les juges condamnent la démarche de Koons » en « notant qu’il n’a pas présenté cette oeuvre comme une oeuvre critique, une caricature ou inspirée d’un oeuvre préexistante », a estimé l’avocat de Franck Davidovici, Jean Aittouares.

Il s’est aussi félicité que malgré « l’ingénierie judiciaire considérable déployée » par l’artiste, la justice française soit « passée » et ce, en « protégeant » cette oeuvre publicitaire « comme elle aurait protégé une autre oeuvre ». Contacté, l’avocat de Jeff Koons n’a pas souhaité réagir ce mardi. Il a la possibilité de se pourvoir en cassation.