« Tristesse » : Mêlant le piano et l'autotune avec délicatesse, Iliona est l'une des révélations musicales de l'année

MUSIQUE Dévoilé début février, son premier EP « Tristesse » sort en physique et en vinyle ce vendredi

Clio Weickert

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Iliona se livre avec délicatesse et mélancolie dans son premier EP
Iliona se livre avec délicatesse et mélancolie dans son premier EP — ©Ojoz
  • Iliona est l’une des révélations musicales de ce début d’année 2021.
  • Dévoilé début février, son premier EP « Tristesse » sort en physique et en vinyle ce vendredi.
  • La chanteuse belge y livre une musique délicate et mélancolique, aux accents électroniques.

Discrète, mais non moins remarquée, Iliona est l’une des révélations de ce début d’année. Peut-être connaissez-vous déjà sa chanson Moins joli, dans laquelle la jeune chanteuse belge de 20 ans relate avec pudeur et délicatesse, le crépuscule d’un amour. Une balade aux airs tristes où elle s’accompagne au piano, sans fioritures, à l’image du sobre clip en noir et blanc qui l’accompagne. Un univers qui fait écho à celui de Barbara, qui a décliné à l’infini le thème des amours malheureux. « Elle a pas mal bercé mon adolescence, elle a été très importante dans le développement de mes goûts musicaux, explique-t-elle à 20 Minutes. Je trouve qu’elle a la force de pouvoir dire des choses très dures, très sombres, très crues, mais toujours d’une jolie manière et c’est toujours bien amené et bien écrit. »

Une influence que l’on retrouve donc dans la musique d’Iliona, dont le premier EP Tristesse dévoilé début février, sort en physique et vinyle ce vendredi. Huit titres qui parlent d’amour, de regrets et d’espoirs, dans un esprit chanson française, mais très contemporaine. A l’image des notes métalliques de l’autotune qui soulignent parfois les phrases de la chanteuse, ou de ses récréations électroniques qui s’invitent parmi ses chansons. Et toujours avec une certaine retenue, comme si la chanteuse avançait pas à pas, sur la pointe des pieds.

Une mélancolie inspirante

Il faut dire qu’une carrière musicale semblait il y a quelques années, encore inaccessible pour la jeune bruxelloise. « La musique pour moi ce n’était pas envisageable, comme impossible. Je voulais faire de l’art plastique ou du cinéma », explique-t-elle. Depuis petite, elle s’essayait pourtant déjà au piano, avec quelques cours, puis seule, « à l’oreille » avec le piano familial. Puis à l’adolescence, vers l’âge de 15, Iliona poste ses premières chansons sur YouTube, reçoit de très bons retours, et décide de suivre cette voie. « Juste après mon bac je savais que j’allais tenter de faire de la musique, pour moi c’était finalement un juste milieu entre tous. Il y avait moyen de faire du cinéma en faisant des clips, de la photo, du dessin… Tout est combinable autour d’un projet musical », dit-elle. Iliona a d’ailleurs plusieurs cordes à son arc : elle réalise ses clips, écrit, compose et chante.

Elle puise son inspiration dans ses moments mélancoliques, et transforme sa tristesse en force créatrice. « Je me suis rendue compte que les moments où j’écris et je compose sont les moments qui me permettent d’exprimer et de digérer mes sentiments assez tristes, explique la chanteuse. C’est une manière de les comprendre. Je n’écris jamais pour me lamenter mais pour guérir plus vite. »

Du temps pour les expérimentations

Dans la chanson il y a bien entendu les textes, mais aussi les mélodies, et c’est bien là qu’Iliona se démarque tout particulièrement. Auditrice de rap (entre autres), elle aime glisser des touches d’autotune. A l’image du titre Reste, où ses suppliques se font plus lancinantes grâce aux sonorités métalliques de sa voix. Mais ses expérimentations ne s’arrêtent pas là. Il y a l’intro contemplative et quasiment sans paroles de son EP, qui plonge l’auditeur dans un univers aérien. Et aussi le surprenant Marguerite, avant-dernier morceau du projet, qui bouleverse le rythme de Tristesse avec ses deux minutes trente d’expérimentations électroniques.

« C’était un peu la récréation pour moi, reconnait-elle. Pour une fois je me permettais de me concentrer sur la musique et ne pas me prendre la tête avec les paroles, comme si je retirais un des deux ingrédients d’une recette et que j’avais plus de place pour tester des nouveaux trucs. Comme mon père, j’écoute beaucoup de musique expérimentale, de soundtracks de films, des morceaux electro de 10 minutes assez planants. Ça fait partie de ce que j’ai envie de faire, forcément. »

Déjà très sollicitée par des grands noms de la scène musicale pour des collaborations, Iliona ne se précipite pas et prend le temps de se trouver, de « créer son propre univers ». « J’avais envie de cette première prise de parole un peu officielle en assemblant quelques chansons et en faisant un premier brouillon, un premier essai », explique-t-elle. Un premier aperçu prometteur qui donne vraiment très envie de découvrir la suite.