« Défendre la musique soul en France, c’est un challenge », estime Kimberose

INTERVIEW « 20 Minutes » s’est entretenu avec l’artiste qui vient de sortir « Out », son deuxième album mais son premier en solo

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Kimberly Rose Kitson Mills alias Kimberose.
Kimberly Rose Kitson Mills alias Kimberose. — Clément Dezelus
  • Out, le deuxième album de Kimberose est sorti le 29 janvier.
  • « C’est un album d’émancipation. C’est mon premier en tant qu’artiste solo. Il raconte les dernières années de ma vie et se tourne vers l’avenir », explique l’artiste à 20 Minutes.
  • Kimberose dit qu’une partie de son public se familiarise avec la musique soul en écoutant ses chansons et c’est, pour elle, « une grande fierté ».

Back On My Feet est le parfait antidote à la morosité ambiante. En plus de réchauffer l’hiver glacial, il incite à découvrir davantage l’univers soul de Kimberose et à plonger dans son album Out, sorti en début d’année. Pour cet opus, son deuxième, qui pourrait bien devenir l’un des succès de 2021, l’artiste française de 30 ans - Kimberly Rose Kitson Mill à l’état civil – s’est détachée de son groupe, avec lequel elle avait conçu Chapter One en 2018. Entretien avec une chanteuse disant avoir pris son indépendance.

Cet album est-il celui du renouveau ?

C’est un album d’émancipation. C’est mon premier en tant qu’artiste solo. Il raconte les dernières années de ma vie et se tourne vers l’avenir. Pour moi, il est encore plus authentique que le premier. C’est vraiment l’album de la délivrance.

Dans quel sens faut-il comprendre son titre « Out » ?

« Out », c’est littéralement le dehors. L’extérieur, c’est plein de promesses, il peut se passer un grand nombre de choses, une foule de rencontres. Je trouve aussi intéressant le sens du « coming out » qui, pour moi, désigne le moment où une personne décide de dire qui elle est aux gens qui l’entourent. C’est la sensation que j’ai avec cet album : je me montre davantage telle que je suis, humainement et artistiquement. Et puis, quand on dit « I’m out ! » en jouant aux cartes, ça veut dire « Je me retire ». C’est une manière de tirer ma révérence aux anciens membres du groupe et de prendre mon indépendance.

C’est une sorte de revanche ?

Oui, mais une revanche sur moi-même. C’est moi qui me suis empêchée, beaucoup. Quand on prend conscience de ça, on se dit : « plus jamais ! ». Je ne veux pas être celle qui m’empêche de réussir ou d’être heureuse artistiquement.

Le grand public a fait votre connaissance avec vous lors de votre participation à « Nouvelle Star » sur M6 en 2013. Quel regard portez-vous sur cette période ?

Les gens s’en souviennent parce que les journalistes en parlent, mais sinon tout le monde aurait complètement oublié que j’ai participé à Nouvelle Star. Je suis passée totalement inaperçue lors de cette saison, je n’étais pas un personnage fort de la promo. Je venais d’avoir un petit garçon, j’avais vingt kilos de plus, je n’étais pas bien dans ma peau et, artistiquement, je n’étais pas établie, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Ce n’est que quelques années plus tard que je me suis dit : « Bon, allez, maintenant, on y va » et qu’on a créé ce groupe, Kimberose. Maintenant, j’ai la sensation de savoir où je veux aller, mais ça a été un long parcours et ce n’est certainement pas Nouvelle Star qui m’y a aidé.

Kimberose était le nom de votre groupe, vous avez hésité à en changer pour votre nouvel album en solo ?

C’est mon groupe, on l’a construit sur mes prénoms. Pour être tout à fait honnête, j’ai été dans ce groupe par loyauté envers les personnes dont j’étais proche. Il y avait le père de mon fils et l’autre membre était un ami de longue date. Peut-être aussi que j’avais peur, parce que, parfois, être en groupe, c’est rassurant.

Défendre la musique soul, en France, c’est un défi ?

C’est un challenge, oui. Ce n’est pas une musique évidente en France, elle ne fait pas partie de l’héritage culturel français. Il y a, parmi ceux qui me suivent, des aficionados de soul music et de jazz, mais je remarque qu’il y a aussi des personnes qui écoutent d’autres choses et qui découvrent cet univers à travers mon projet. Pour moi, c’est une grande fierté.

L’accueil favorable réservé à « Back on My Feet » est encourageant…

Avoir un peu d’attention, ça fait toujours plaisir. S’il y a bien une chose que j’ai apprise dans ce métier, c’est que rien n’est jamais gagné, c’est une bataille permanente pour réussir. Je suis contente de l’accueil de Back On My Feet mais je veux confirmer avec les autres chansons et plein d’autres facettes de mon art et de ma personnalité. C’est un très beau début, mais ça reste au début, maintenant il faut continuer.

« Out » est sorti en janvier. Avez-vous envisagé de reporter sa sortie en raison du contexte sanitaire ?

Mais repousser jusqu’à quand ? On ne sait pas quand ça va finir. Je pense qu’il faut continuer à vivre comme on peut. On est déjà empêchés de plein de choses. Sortir de la musique en ce moment, c’est important. Il ne faut pas tout geler en attendant le retour à la normale. Déjà, ce sera graduel et non du jour au lendemain. Je ne peux pas m’arrêter de faire de la musique indéfiniment. Les gens ont besoin de musique, de cinéma, de culture, de choses permettant de s’évader. Ecouter un bon CD le week-end avec sa famille, danser, c’est important. Si je peux faire ça pour les gens, alors c’est vraiment un grand plaisir.