Marseille : Temple de la BD indépendante, « Même pas mal » continue de faire découvrir des auteurs de la contre-culture

EDITION Cette petite maison d’édition marseillaise fondée en 2009 tient le choc malgré la crise sanitaire  

François Maliet

— 

A la maison d'édition Même pas mal à Marseille.
A la maison d'édition Même pas mal à Marseille. — François Maliet / 20 Minutes

Au départ, en 2009, ils étaient quatre. Puis, très rapidement, trois. Douze ans plus tard, Chloé, Mélanie et Yann tiennent toujours Même pas mal, maison d’édition marseillaise de bande dessinée. Dans leur local de la rue des Trois Rois trône, en bonne place, une sélection de la cinquantaine de titres publiés par ces adeptes de la contre-culture dans le 9e art. Ils affichent à leur catalogue David Snug, Fabcaro, Olivier Texier, Simon Spruyt ou encore Terreur Graphique.

Une ligne éditoriale qui ne s’est pas assagie

Plus récemment sont arrivés le Flamand Frederik Van den Stock, et son très beau Buck, le premier homme sur terre – où y retrouve l’influence de l’inénarrable Brecht Evens –, ou l’américaine Summer Pierre, auteure de All the Sad Songs. D’obédience punk, parfois trash, leur ligne éditoriale ne s’est pas assagie avec le temps. Non. Elle s’est juste ouverte à de nouveaux horizons.

« Plus ça va, et plus nous partons vers d’autres univers, estime Mélanie. Nous faisons toujours de la BD indépendante, mais avec des auteurs travaillant davantage sur l’introspection. Notre catalogue est varié : nous avons deux Américaines, une Allemande, une flopée de Flamands, une Israélienne… » Avec autant de thèmes différents que d’origines géographiques. « Nous travaillons sur des ouvrages plus modernes, complète Yann, mais toujours en lien avec la contre-culture. »

Neuf nouveaux albums cette année

Passant donc d’un projet « super-passionnant » à un autre « hyper enthousiasmant », ils publient environ cinq titres par an. Mais en ont neuf prévus au catalogue pour l’année en cours. « Nous faisons l’inverse des autres maisons d’édition qui réduisent leur production à cause de la crise sanitaire », détaille Mélanie. Telle est leur réponse au Covid et aux confinements, qui n’ont guère favorisé leur développement.

« Le click and collect, ce n’est pas pour nous, cela ne favorise pas les auteurs peu connus ou les petits éditeurs, argumente Chloé. Nos bouquins, il faut les avoir en main, les feuilleter, les découvrir… » Pour cela, rien de tel que les festivals. Or la plupart sont annulés, comme celui d’Angoulême, qui a traditionnellement lieu en janvier. Mais il a été reporté au mois de juin, laissant le temps à l’équipe de peaufiner ses nouveaux albums. Car ce Covid ne leur fera… Même pas mal !