Antidiscriminations.fr et le 39 28, une plateforme pour signaler les discriminations

TOUT NEUF Les personnes qui s’estiment victimes de discriminations pourront bénéficier d’un accompagnement juridique ou d’une médiation  

Aude Lorriaux

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Un entretien d'embauche (illustration)
Un entretien d'embauche (illustration) — JACQUES DEMARTHON / AFP
  • Emmanuel Macron avait annoncé en décembre la mise en place d’une plateforme « pour que les gens puissent dénoncer de manière très simple, unique et nationale » les discriminations.
  • Le site Antidiscriminations.fr est lancé ce 12 février, accompagné du numéro 39 28.
  • Ce nouvel outil devrait très vite être complété par deux autres, une consultation citoyenne sur les discriminations et un index de la diversité en entreprise, lancés tous deux par la ministre de l’Egalité, Elisabeth Moreno.

C’était une promesse du chef de l’Etat : dans son interview à Brut le 4 décembre dernier, Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d’une plateforme « pour que les gens puissent dénoncer de manière très simple, unique et nationale » les discriminations. C’est désormais chose faite : le site Antidiscriminations.fr est lancé ce 12 février, accompagné du numéro 39 28.

Les personnes qui s’estiment victimes de discriminations pourront donc utiliser ces outils pour savoir si tel est bien le cas – les discriminations, qui sont définies comme un traitement défavorable, dans une situation précise (travail, accès à un service ou à un logement notamment) sont souvent confondues avec d’autres infractions, comme les propos haineux ou les violences. Les personnes pourront ensuite bénéficier d’un accompagnement juridique ou d’une médiation.

Impunité

A titre d’exemple, 23 % des personnes actives en France déclarent avoir été victimes de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans l’emploi, selon une enquête des services de la Défenseure des droits. Mais très peu des personnes qui s’estiment discriminées entreprennent des démarches : elles ne sont que 12 % à l’avoir fait parmi celles qui ont vécu une discrimination en raison de leur origine.

A l’instar de la plateforme arretonslesviolences, Antidiscriminations.fr veut faire cesser l’impunité sur les discriminations, toutes les formes de discriminations, en simplifiant les démarches de signalement. Et ensuite avec un traitement plus pragmatique de ces situations, sans forcément passer par la case « procès », comme l’explique la défenseure des droits Claire Hédon dans nos colonnes, à la tête de l’institution qui pilote la plateforme.

Un enjeu majeur

Mais faciliter le signalement, néanmoins, ne suffira pas à traiter le problème, s’il n’est pas traité en amont, en changeant les mentalités, et si en aval, les procédures juridiques font chou blanc. « La plateforme antidiscriminations.fr n'est pas le seul moyen de lutter contre les discriminations », reconnaît la Défenseure des droits, qui veut former les professionnels de la justice, entre autres.

Emmanuel Macron souhaite ériger la lutte contre « toutes les inégalités et les discriminations » comme un enjeu majeur de la fin de son mandat. La précédente initiative gouvernementale, la brigade anti-discriminations, lancée en avril 2019, avait été dénoncée par certaines associations comme un « coup de com ». Ce nouvel outil semble de plus grande ampleur, et devrait très vite être complété par deux autres, une consultation citoyenne sur les discriminations et un index de la diversité en entreprise, lancés tous deux par la ministre de l’Egalité, Elisabeth Moreno. Suffiront-ils à redonner confiance aux jeunes Françaises et Français ?