Marseille : Qui est Redha JR, le comédien nouvelle star de TikTok ?

PORTRAIT En seulement un an sur TikTok, Redha JR et ses pastilles humoristiques sont devenus un véritable phénomène suivi par près de trois millions d’abonnés

Mathilde Ceilles

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En quelques mois, Rheda JR est devenue une célébrité sur Tik Tok
En quelques mois, Rheda JR est devenue une célébrité sur Tik Tok — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Il y a un an, Redha JR postait sa première pastille humoristique sur TikTok.
  • Un an plus tard, le jeune comédien marseillais culmine près de trois millions d’abonnés, et va tourner sa propre série avec l’acteur césarisé Dylan Robert.

Sa première vidéo sur TikTok date de janvier 2020. Un an plus tard, Redha JR cumule pas moins de… 2,6 millions d’abonnés. Avec ses pastilles humoristiques dans lesquelles il campe souvent des personnages inspirés de son entourage, le jeune comédien marseillais est devenu un véritable phénomène. Un succès fulgurant que ce natif des quartiers Nord de la ville peine à réaliser.

« Il y a une vraie explosion pendant le premier confinement, note-t-il. Je faisais une vidéo par jour à ce moment-là. Et j’ai commencé vraiment à me rendre compte du succès cet été, en allant à Aqualand à Fréjus. Je n’ai pu faire que deux ou trois attractions. Tous les petits me demandaient des photos ! C’est énorme. »

« Un comédien connu sur les réseaux sociaux »

Une célébrité que le jeune homme assume complètement. « Avant j’avais dû mal à me considérer comme une star. Maintenant, je n’ai pas peur de le dire. C’est vrai, je suis un comédien connu sur les réseaux sociaux, au lieu d’être connu sur les planches. Ça peut être parfois pénible. Je ne peux pas aller aux Terrasses du port [un centre commercial marseillais] quand je veux par exemple. J’évite certains jours comme le samedi. Mais j’ai travaillé pour en arriver là. »

Il y a quatre ans, en total autodidacte, Redha poste son tout premier sketch sur Facebook. « Je voyais des gens inconnus devenirs connus, confie-t-il en toute franchise. Ça m’a donné envie de tester. On cherche tous la reconnaissance, non ? » L’œil pétillant, Redha dégaine un large sourire, derrière sa barbe taillée au millimètre.

« Je rêvais de cinéma »

A l’époque, le jeune homme, qui a arrêté sa scolarité en seconde, enchaîne les petits boulots. « J’ai franchement tout fait, se souvient-il. J’ai commencé par travailler avec mon oncle sur les chantiers. J’ai fait manœuvre, agent de sécurité, vendeur chez Zara, j’ai déchargé des camions dans une usine frigorifique… »

Au fond de lui pourtant, depuis petit, Redha cherche à vivre une autre vie, lui, l’élève du genre à envoyer des « piques aux profs » pour faire rire sa classe. « Mes idoles quand j’étais petit, c’était les Jamel Debbouze, Gad Elmaleh ou même Elie Kakou, confie-t-il. Je voulais passer derrière l’écran. » Avant de se reprendre : « Non, c’est faux. Dire que je voulais, c’est prétentieux. Je rêvais de ça. Mais ça me paraissait impossible. Inaccessible. Il y avait un chemin de fou furieux à faire. » Redha, passionnée par le chant, tente même le casting de la Nouvelle Star, en vain.

« Je me libère »

Alors, ces vidéos faites « pour le délire » lui servent, encore aujourd’hui, d’échappatoire. Quand on l’interroge sur ses motivations, Redha, plutôt bavard et jovial, marque une longue pause. « Ça me permet d’extérioriser, sourit-il. J’ai un surplus d’énergie. Et j’aime raconter des histoires. Dès que je mets la perruque par exemple, je suis épanoui. Je m’éclate. Je me libère car je change de personnalité. »

Il y a deux ans, Redha, qui a depuis migré sur Instagram. prend une grande décision : tout lâcher et vivre des réseaux. « Je travaillais sur les quais à France Express, se souvient-il. Ça ne me convenait plus. J’avais des douleurs pas possibles. Je vidais et remplissais des cartons, et dans mes cartons, il n’y avait que des meubles ou des pneus ! J’étais lessivé. Je me suis dit que je n’allais pas faire ça toute ma vie. Je suis encore jeune ! » C’est ensuite sur les conseils de son manager qu’il investit TikTok.

Egérie d’Orange

Et ça marche : le jeune homme a même été choisi par Orange pour être une de leurs égéries marseillaises pour leur opération de communication autour de la 5G. En quelques jours, le visage de Redha envahit les publicités sur Instagram et YouTube. « Il n’y avait pas à un jour sans un message d’un gars qui me disait m’avoir vu ! », se marre-t-il.

Face au succès, Redha ne veut laisser aucune place au hasard dans l’espoir de durer. Le Marseillais, coquet, reconnaît sans tabou chercher à contrôler sur son image, et préfère par exemple garder pour lui son âge et sa situation personnelle. « Je fais très attention aussi aux partenariats que je fais et au contenu. J’évite les grossièretés. Je suis suivi par des petits et aussi des mamans. »

Rapide, simple et efficace

Et de confier : « Je cherche à faire des choses rapides, simples et efficaces. Mais surtout, pour que ça marche, il faut de la régularité et de la créativité. Si tu es répétitif, les gens se lassent. Alors je fais de la prospection. Je regarde ce qui est tendance, pour rester à la page. »

Quitte à ne pas savourer ce qui lui arrive. « Quand j’ai eu le million d’abonnés, je me suis dit : "Maintenant, les deux millions" ! Et là, j’attends les trois ! Je n’arrête jamais, je ne fais que gamberger, penser à des nouveaux projets. »

Une série et un film

Le prochain en date ? Une série, tournée à Provence Studio à Martigues, avec au casting un certain Dylan Robert, meilleur espoir masculin en 2019. « L’histoire de deux amis, des gars de cité, qui vont devenir agents de police malgré eux sur une affaire, détaille-t-il. On a écrit dix épisodes de cinq minutes chacun. La première saison sera diffusée sur YouTube, mais on est en train de voir pour Netflix. Je veux montrer tout mon talent. Je ne fais pas que rire. J’aimerais avoir une carrière comme Jean Dujardin ou Omar Sy, mes modèles du moment. »

Un projet pas si anodin pour Redha. « Je le dis et haut et fort, je ne suis pas un influenceur des réseaux sociaux, mais un comédien. Les influenceurs sont vus des casteurs comme des gens qui vendent des pommades ou des thés amincissants. Et certains casteurs préfèrent aussi les gens peu connus. J’ai décroché l’été dernier mon premier rôle dans un long-métrage, Bonne Mère, de Hafsia Herzi que je connais un peu. Mais sinon, les réseaux sociaux ont pu jouer en ma défaveur. Alors si mon chemin est semé d’embûches, moi, je préfère construire mon propre chemin. »