Prix « 20 Minutes » du roman : Maxime Chattam vous met dans l'ambiance pour écrire

CONCOURS Le romancier Maxime Chattam a reçu « 20 Minutes » chez lui afin de répondre à vos questions sur l’inspiration dans l’écriture et sur le thème du prix 20 Minutes du roman, « le monde d’après »

Stéphane Leblanc
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Maxime Chattam — 20 Minutes
  • Maxime Chattam a reçu 20 Minutes pour un Facebook Live avec nos lecteurs.
  • La conversation à bâtons rompus a tourné autour de l’inspiration dans l’écriture.
  • L’écrivain, parrain et président du prix 20 Minutes du roman, explique notamment comment se servir du thème imposé, « le monde d’après » comme d’un « tremplin » et non une « contrainte ».

Il pose le doigt sur un interrupteur pour que des bougies s’allument, quelques notes de musique s’élèvent et un doux parfum d’encens envahit la pièce. Voilà dans quel contexte le maître du thriller Maxime Chattam nous a reçus pour un Facebook Live (visible en replay) sur le thème l’inspiration, organisé afin de vous en donner pour participer au prix 20 Minutes du roman. « Il n’y a pas qu’une façon d’écrire ou de trouver l’inspiration », prévient d’emblée le parrain et président du jury de notre prix, car ce qui vaut pour lui « ne vaut pas forcément pour tout le monde »… Il n’empêche qu’il est intéressant de connaître quelques-uns de ses trucs d’auteur expérimenté. Retour sur ses réponses à vos questions.

Comment se mettre dans de bonnes conditions ? (Laurie)

Maxime Chattam s’est construit « un cocon » en forme de tanière gothique, avec un loup-garou empaillé derrière lui, une momie pas très loin et des crânes dans la bibliothèque. « Il y a des auteurs qui sont capables d’écrire n’importe où, dans un train, une chambre d’hôtel, un café… Pas moi : je n’aime pas avoir du monde ou du bruit autour de moi, sinon mes sens sont sollicités et ça me dérange. A l’inverse, j’ai compris au fil des années quel environnement me conviendrait le mieux pour me concentrer plus vite. Donc j’ai construit ce bureau en fonction de mes goûts, autour de ce que je suis, de ce que j’aime, un mélange entre réalité et fiction. » Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Qu’importe si l’ambiance le met dans de bonnes conditions pour écrire…

Que faire si l’on n’arrive plus à avancer ? (Thomas)

Maxime Chattam conseille d’aller se balader pour mûrir ses idées et de s’imposer un rythme régulier « pour qu’une dynamique se mette en place ». Et face aux contraintes professionnelles ou familiales ? « Si écrire vous anime plus que tout, vous verrez qu’une nuit de six heures au lieu de huit, c’est possible quand on est très motivé : on grappille une heure le soir ou une heure le matin, on se retire deux heures de sommeil et on a trouvé trois heures pour écrire. » Maxime Chattam est passé par là pendant de nombreuses années, quand il était libraire avant de pouvoir vivre de sa plume. « On est fatigué, mais je vous garantis qu’on est heureux à la fin et que ça peut fonctionner. »

Que faire de toutes les idées qu’on a eues pendant la nuit ? (Marie-Angeline) Comment faire le tri dans ses idées ? (Raquel)

Maxime Chattam recommande de « noter toutes vos idées » afin de ne rien oublier. « Il sera toujours temps de les ordonner, de les marier pour envisager une histoire et commencer l’écriture. Si vos idées vous viennent la nuit, prenez des notes sur un petit carnet la nuit. Vous verrez le lendemain ce que vous en faites… Mais n’oubliez jamais qu’une idée, c’est plastique. Il faut la prendre comme de la pâte à modeler et la triturer dans tous les sens. Quitte à l’abandonner si vous voyez qu’elle ne s’intègre pas dans votre projet. »

L’inspiration peut-elle venir de la contrainte d’un thème imposé ? (Cécile) Comment composeriez-vous avec le thème imposé, « le monde d’après » ? (Stéphanie)

Le thème de cette année, «le monde d’après», Maxime Chattam conseille de ne pas le voir « comme une contrainte, mais comme un tremplin pour votre imagination ». « Il ne faut pas que le thème soit quelque chose qui vous bride, même si vous voulez parler de vous, de votre histoire… » Et le romancier de donner des exemples : « Le monde d’après, ça peut-être le monde d’après une chute qui entraîne une perte de mémoire, le monde d’après la naissance d’un enfant, le monde d’après un premier baiser, le monde d’après l’écriture d’un livre… » Ce thème du monde d’après, « c’est un défi pour l’imagination, estime-t-il. A vous de trouver l’idée qui va vous éclater en étant raccord avec ça. » Rien ne vous empêche, dans notre période troublée, d’imaginer un récit post-Covid plus ou moins apocalyptique… Mais il n’y a pas que ça.

Si tout cela vous inspire et vous donne des idées, n’hésitez pas à vous lancer dans l’aventure du prix 20 Minutes du roman… Nous attendons votre manuscrit sur la plateforme des Nouveaux auteurs, d’ici le 15 mars…

« Le monde d’après » inspire aussi le salon du livre

Le salon Livre Paris a choisi le même thème que celui de notre concours d’écriture pour servir de fil rouge lors de sa prochaine édition (annoncée pour la fin mai, mais sans doute repoussée après la rentrée 2021). « Aujourd’hui, on est sorti de l’autofiction pour se retrouver plus en prise avec les questions de société, estime Gauthier Morax, le directeur de la programmation de Livre Paris, qui est parti du constat que « le monde d’aujourd’hui est dans une impasse et qu’il est urgent d’inventer celui d’après ». Vingt débats d’idées réuniront des chercheurs, des écrivains, des témoins engagés. Peut-être aussi le futur lauréat du prix 20 Minutes du roman ?