« Blue Period » : Un manga étonnant sur la découverte de la peinture par un adolescent

BD Coups de poing ou coups de pinceau ? Le manga de Tsubasa Yamaguchi explore les arts avec passion, pratique et quelques codes issus du shônen

Vincent Julé

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« Blue Period » ou se prendre de passion pour la peinture (et le manga)
« Blue Period » ou se prendre de passion pour la peinture (et le manga) — © Tsubasa Yamaguchi / Kodansha Ltd.
  • Le manga Blue Period de Tsubasa Yamaguchi est sorti mercredi dernier aux éditions Pika
  • Un adolescent se découvre une passion pour les arts et la peinture, dans un récit original, didactique et pas si éloigné des codes du shônen
  • Multirécompensé au Japon, le titre aura le droit à sa série animée en 2021

Il existe un manga pour tout. La formule est peut-être passe-partout, mais non moins vraie, avec des titres sur le vin, le handisport, les hémorroïdes, des chats yakuzas, le paradis des chiens, le fétiche des peluches, des sources thermales à voyager dans le temps… On vous tient au courant, c’est passionnant. Même le shônen fait sa petite révolution, avec de nouveaux héros et héroïnes, et de nouveaux univers loin des codes du genre et, disons-le, des combats dantesques.

Act-Age chez Shueisha (Ki-oon en France), sur l’ascension d’une jeune actrice, était de ceux-là, mais a été fauché en plein vol, suite à l’arrestation de son scénariste pour agressions sexuelles sur mineures. Edité chez le concurrent Kodansha, et chez Pika en France, Blue Period est rangé dans la catégorie seinen, pour jeunes adultes, mais creuse le même sillon, l’exploration par la jeunesse des arts – ici la peinture – comme moyen d’expression, d’exister.

Techniques, compétition… La peinture, un combat comme les autres ?

Yatora est à un lycéen à qui tout réussit. Il a les bonnes notes, les bons potes, les bonnes soirées. Il fait comme la société, le système, lui a toujours dit de faire, même s’il doit faire semblant, même s’il ressent un vide. Un vide que la découverte d’un tableau va remplir non pas brusquement mais petit à petit. Est-il fait pour ça ? Ah bon, il y a différentes spécialités : peinture japonaise, peinture à l’huile, design, graphisme, sculpture ? C’est là que Blue Period emprunte aux codes immuables du shônen avec l’apprentissage de techniques, l’esprit de compétition et un objectif à atteindre, l’entrée à l’Université des arts de Tokyo.

Dans le manga « Blue Period », le jeune Yatora découvre le plaisir de la peinture, le moyen pour lui d'exprimer ses émotions
Dans le manga « Blue Period », le jeune Yatora découvre le plaisir de la peinture, le moyen pour lui d'exprimer ses émotions - © Tsubasa Yamaguchi / Kodansha Ltd.

Si le manga, et le dessin, semble propice à mettre en scène la peinture à pleines pages, ce n’est pas l’approche de la mangaka Tsubasa Yamaguchi. Elle le fait un peu, mais reste toujours attachée aux personnages, à leurs échanges, à leurs émotions. Blue Period aborde ainsi les arts sans élitisme, et se fait très didactique. Parfois trop. S’il suscite des vocations chez les lecteurs et lectrices, ils auront leur lot d’informations. Multirécompensé au Japon, le manga aura le droit – consécration ultime – à son adaptation animée en 2021.