Oradour-sur-Glane : Le maire va porter plainte après le tournage non autorisé d’un clip dans le village martyr

JUSTICE Selon « Le Populaire du Centre », l’édile et l’association des familles des martyrs ont l’intention de poursuivre un artiste qui a tourné une vidéo musicale dans la commune sans validation préalable

F.R.

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En août 2013, les ruines du village martyr d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne).
En août 2013, les ruines du village martyr d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). — THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Philippe Lacroix, le maire d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) va porter plainte contre un artiste qui a tourné un clip dans le village. Selon le quotidien régional Le Populaire du Centre, l’association des familles des martyrs a également l’intention de saisir la justice.

« Il faut que les gens comprennent que la liberté c’est la liberté mais on ne peut pas faire n’importe quoi dans un site comme Oradour. C’est un site international, symbole des malheurs, symbole de la douleur et c’est un lieu de recueillement. Et dans un lieu de recueillement on ne fait pas une vidéo de cette nature », a déclaré l’édile, selon des propos rapportés par France 3.

La vidéo en question était censée être mise en ligne ce dimanche, comme l’annonçait le chanteur sur son compte Twitter vendredi. Un extrait accompagnait le message : y apparaissaient les ruines du village dont le nom est resté dans l’histoire pour le massacre de civils perpétré par l'armée allemande, le 10 juin 1944. 643 personnes avaient péri dans des conditions particulièrement tragiques.

Un artiste à la faible notoriété

Ce n’est pas tant le potentiel contenu de ce clip – celui-ci n’a pas été diffusé en intégralité et, selon France 3, la chanson dénoncerait les violences faites aux femmes – qui pose problème, mais le fait que son tournage n’ait pas été autorisé.

« Tous les tournages effectués sur le site du village martyr sont soumis à des autorisations de la Drac, de la mairie, de l’association des familles de martyrs, et du Centre de la mémoire. Ce sont essentiellement des documentaires », a indiqué Philippe Lacroix au Populaire du Centre.

Selon nos confrères, la notoriété de l’artiste impliqué dans cette controverse serait toute relative : il ne compterait que 19 abonnés sur Twitter, à peine 1.350 sur Instagram et un peu plus de 1.000 sur sa chaîne YouTube.