Les propos de Camélia Jordana sur les « hommes blancs » qui devraient « demander pardon » épinglés par la Licra

POLEMIQUE La chanteuse s’est exprimée dans une interview à « L’Obs » vendredi à l’occasion de la sortie de son album « Facile »

L. Be.

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Camélia Jordana en décembre 2020 à Paris
Camélia Jordana en décembre 2020 à Paris — Laurent Vu/NMA2020/SIPA/SIPA

Camélia Jordana n’a pas peur d’y aller franchement et ça ne plaît pas toujours. L’ancienne candidate de Nouvelle Star s’est exprimée lors d’un entretien à L’Obs ce vendredi pour parler de son prochain album double Facile, qui sortira le 29 janvier.

Ouvertement féministe, la chanteuse raconte la genèse du morceau Si j’étais un homme, qui a été créé à la suite d’une agression qu’elle a vécue. En trottinette, un taxi bloqué par des embouteillages l’a touchée avec sa voiture. « Je suis descendue, je l’ai regardé, interloquée, et il s’est permis de me gueuler dessus. J’étais furieuse en arrivant au studio et en me demandant : si j’avais été un mec haut de 2 mètres est-ce que cet homme se serait permis de rouler sur une trottinette et de hurler ? », s’est-elle questionnée.

« Les hommes blancs responsables de tous les maux de la terre »

J’ai écrit cette phrase : « Si j’étais un homme », et le reste de la chanson est sorti en 10 minutes », poursuit-elle avant d’évoquer le morceau Les garçons qu’elle qualifie de « déclaration d’amour aux hommes ».

« L’ensemble de ces chansons disent que si j’étais un homme, je demanderais pardon, je questionnerais les peurs, et je prendrais le temps de m’interroger. Car les hommes blancs sont, dans l’inconscient collectif, responsables de tous les maux de la terre », a-t-elle confié.

Des propos qui ont fait réagir la Licra sur Twitter. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme a relayé la capture d’écran de cette citation - « Les hommes blancs sont, dans l’inconscient collectif, responsables de tous les maux de la terre »- et a légendé : « Déclaration inconsciente », avant de retweeter : « Lisez Le Droit de Vivre, la revue universaliste, antiraciste et antisexiste qui préfère la conscience aux inconscients ».

Fin mai, la chanteuse avait créé une polémique pour ses propos sur la police. Elle avait affirmé que « des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue (…) se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau ». Des propos qui avaient été qualifiés de « mensongers et honteux » par Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur.