« Eurovision France » : « Je voulais chanter en corse », affirme Casanova

INTERVIEW Casanova, 27 ans, évoque pour « 20 Minutes » sa chanson « Tutti », dont le refrain est en corse, avec laquelle il tente sa chance dans la sélection française pour l’Eurovision

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Le chanteur Casanova.
Le chanteur Casanova. — Casanova / FTV
  • Huit artistes solo, trois duos et un trio sont en lice pour Eurovision France, c’est vous qui décidez !, la sélection française pour l’Eurovision qui sera diffusée le 30 janvier sur France 2.
  • Casanova, 27 ans, (Yoann Casanova à l'état civil) est en lice avec la chanson Tutti.
  • « L’idée principale de ma chanson, c’est "tous ensemble, on est mieux" pour affronter les aléas de la vie », souligne-t-il à 20 Minutes.

Cette année, douze chansons peuvent espérer représenter la France à l’Eurovision en mai. Mais il n’y aura qu’une élue. Elles seront départagées le 30 janvier au soir, sur France 2, dans le cadre d’Eurovision France, c’est vous qui décidez ! présentée par Stéphane Bern et Laurence Boccolini.

D’ici là, 20 Minutes vous propose de découvrir chaque jour les artistes qui, en solo, en duo ou en trio, sont engagés dans la compétition. Casanova n’est pas inconnu du grand public puisqu’il a atteint la finale de The Voice en 2018. Le chanteur corse de 27 ans tente sa chance avec Tutti.

Comment êtes-vous venu à la musique ?

Mon père écoutait beaucoup de rock : Scorpions, U2, Bon Jovi, Guns N’Roses. Petit, je chantais en yaourt sur ce qu’il me faisait écouter. Vers l’âge de 9 ans, la musique corse est venue à moi. J’ai commencé à en chanter. C’est devenu récurrent de m’enfermer dans ma chambre et de chanter. Ado, à 16 ans, avec des amis, on a monté un groupe, Cirnese – je n’en fais plus partie mais il existe toujours. On a fait trois albums, on est connus sur l’île où on a fait pas mal de concerts. J’ai tenté ma chance deux fois à The Voice. La première fois, personne ne s’était retourné, la deuxième fois, je suis arrivé en finale.

En quoi « Tutti » serait-elle une bonne chanson pour l’Eurovision ?

Il y a d’abord le message que je veux défendre : l’idée principale, c’est « tous ensemble, on est mieux » pour affronter les aléas de la vie. J’ai voulu mettre le doigt sur le sujet des réseaux sociaux. Quand on est loin, ça peut nous rapprocher, mais quand on est près, j’ai l’impression que ça nous coupe de quelque chose, que cela crée un lien qui n’est pas vrai. Je voulais aussi chanter en corse. C’est une manière pour moi de mettre en valeur ma culture et mes valeurs.

A quoi ressemblera votre performance dans « Eurovision France » ?

On commence à savoir ce qu’on veut. On a des idées, il faut voir ce qui est faisable et comment ça rend sur scène. Je vais essayer de tout donner pour mettre en valeur la musique et la prestation.

Votre expérience dans « The Voice » va vous être utile, non ?

C’est une expérience qui m’a apporté énormément. Je ne sais pas si c’est un avantage. J’ai tendance à avoir non pas vraiment un stress paralysant mais une excitation, une envie de tout donner et de bien faire qui s’empare de moi avant de monter sur scène. Je n’ai pas peur d’y aller. J’ai eu la chance d’aller en finale de The Voice, donc d’avoir pu faire plusieurs prestations pendant quatre shows en direct avec de belles scénographies, c’est sûr que c’est un plus dans le début de carrière que je peux avoir.

Si je vous dis « Eurovision », quel artiste ou quelle chanson vous vient spontanément en tête ?

D’abord la chanson avec laquelle Patrick Fiori a représenté la France à l’Eurovision, Mama Corsica [4e en 1993]. J’ai aussi été beaucoup touché, transpercé même, par Salvador Sobral et Amar Pelos Dois [le Portugais a remporté le concours en 2017]. Cette prestation m’a marquée, je ne comprends rien au portugais, mais son interprétation et la manière dont il a défendu son titre m’ont beaucoup ému.

En dehors d'« Eurovision France », quels sont vos projets ?

Mon album est prêt depuis juin, il devait sortir en décembre, mais au regard de la crise sanitaire, on a préféré décaler la date. J’espère qu’avec la belle mise en lumière à Eurovision France, il pourra être commercialisé dans le courant de l’année. J’ai déjà sorti deux autres singles, Nos antipodes il y a un an, et On voit loin en mars, la veille du premier confinement. Il y aura beaucoup de chansons avec cette énergie positive et fraîche. J’aime bien m’inspirer de mes émotions, de ce que j’ai vécu, il y aura aussi des morceaux plus personnels, davantage dans l’interprétation. C’est un album qui me ressemble.