« Eurovision France » : « Quand je chante "Voilà", je suis presque en transe », confie Barbara Pravi

INTERVIEW Barbara Pravi raconte à « 20 Minutes » ce qui l’a décidée à participer à la sélection française pour l’Eurovision après avoir coécrit deux titres pour l’Eurovision Junior

Propos recueillis par Fabien Randanne

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La chanteuse Barbara Pravi.
La chanteuse Barbara Pravi. — Alexia Abakar
  • Huit artistes solo, trois duos et un trio sont en lice pour Eurovision France, c’est vous qui décidez !, la sélection française pour l’Eurovision qui sera diffusée le 30 janvier sur France 2.
  • Barbara Pravi est en lice avec la chanson Voilà.
  • « Je me disais que si jamais je me présentais pour l’Eurovision, il fallait que ce soit avec une chanson que je puisse porter, qui ait de la valeur pour moi, dont je n’aurais jamais honte », affirme-t-elle à 20 Minutes.

Cette année, douze chansons peuvent espérer représenter la France à l’Eurovision en mai. Mais il n’y aura qu’une élue. Elles seront départagées le 30 janvier au soir, sur France 2, dans le cadre d’Eurovision France, c’est vous qui décidez ! présentée par Stéphane Bern et Laurence Boccolini.

D’ici là, 20 Minutes vous propose de découvrir chaque jour les artistes qui, en solo, en duo ou en trio, sont engagés dans la compétition. Ce mardi, c’est Barbara Pravi qui se prête au jeu de l’interview. La chanteuse de 27 ans gravite déjà dans la galaxie Eurovision puisqu’elle a cosigné deux chansons pour la France à l’Eurovision Junior, Bim Bam Toi et J’imagine avec laquelle Valentina a décroché le trophée en novembre. Aujourd’hui, c’est avec Voilà, qu’elle aimerait ramener la coupe à la maison.

Comment êtes-vous venue à la musique ?

J’ai commencé la musique il y a presque six ans. Je crois que j’ai une bonne étoile qui veille sur moi. J’étais serveuse, je ne savais pas comment y arriver, je ne connaissais personne. Or, la musique est un milieu où il faut avoir un certain réseau. J’ai dépensé mes premiers salaires pour produire le clip d’une chanson que j’ai réalisé avec mes potes de café. Elle a fait 20.000 vues en quelques jours et j’ai été repérée par [la maison de disques] Capitol comme ça. J’ai sortie un premier EP et après les choses sont allées étape par étape.

Vous avez travaillé sur deux titres de l’Eurovision Junior, il était logique que vous vous présentiez à l’Eurovision tout court ?

Avec le recul, c’est facile de trouver une forme de logique, mais au départ, je n’avais pas cela en projet. C’est Igit, mon coauteur et co-compositeur sur les deux chansons de l’Eurovision Junior, qui m’a demandé pourquoi je n’essayais pas. Je pense que j’avais la trouille, grave. Je veux dire que j’étais tellement consciente des enjeux, de ce que ça représente, de la médiatisation, etc. que je me disais que si jamais je me présentais pour l’Eurovision, il fallait que ce soit avec une chanson que je puisse porter, qui ait de la valeur pour moi, dont je n’aurais jamais honte, que je n’aurais pas peur de défendre avec ce que ça comporte de pression, le fait de la chanter en direct à la télé…

Cette chanson, c’est « Voilà ». Quels sont ses atouts pour l’Eurovision ?

Je ne sais pas vraiment quels sont ses atouts. Ce qui est sûr, c’est que c’est une chanson qui est vraie. Enfin, vraie pour moi : quand je la chante, à chaque fois, je suis presque en transe. J’y ai mis beaucoup d’émotions et je crois que ça se ressent. Dans ce que je voulais présenter, il n’y avait que ça qui pouvait compter : je veux que ça touche, que ça soit juste.

Allez-vous voir les réactions à votre chanson sur YouTube, sur les réseaux sociaux ?

Pas du tout. A chaque fois que j’ai sorti quelque chose, je ne l’ai jamais fait. Je suis très proche des gens qui me suivent sur Instagram par exemple. Je réponds à 90 % de ceux qui m’écrivent – les 10 % restants sont ceux qui m’écrivent à des moments où je n’ai pas du tout le temps et où j’oublie. J’ai une relation très proche avec le public J’ai même créé une adresse mail. En revanche, je n’ai aucune envie d’aller regarder ce qu’il se dit. Je sais que YouTube et autres ne sont pas forcément des endroits où les gens sont nécessairement bienveillants. Ils sont cachés derrière des pseudos, ils s’en fichent un peu et n’ont pas conscience qu’ils sont en train de parler à un être humain. Evidemment, on peut aimer ou ne pas aimer. Je fais ce que je peux pour donner ce que je suis au moment où je le donne, mais je préfère ne pas m’imposer une pression supplémentaire.

A quoi va ressembler votre prestation dans « Eurovision France » ?

Ça va être assez simple. Ce n’est pas une chanson sur laquelle on peut imaginer des danseurs ou ce genre de choses. Comme c’est une performance vocale, corporelle – physiquement, ça engage : pendant trois minutes, j’ai des fourmis depuis le bout de mes orteils jusqu’au bout de mes doigts – je ne voulais pas qu’on soit « dérangé » par autre chose que ça. J’imagine des choses avec des ombres chinoises derrière, des jeux de lumière – ils sont très forts chez France Télés pour ça. Je veux de la modernité dans la sobriété.

En dehors de votre participation à Eurovision France, quels sont vos projets ?

Si tout se passe bien, je tourne le clip de Voilà fin janvier. Ce sera la première séquence d’un court-métrage autour de trois titres. J’espère pouvoir sortir les deux autres chansons en février. En plus de Voilà, il y aura donc Le jour d’après et L’homme et l’oiseau. Je suis aussi en train de préparer un autre projet qui n’est pas encore certain mais en bonne voie : sur Instagram, je fais des « prières » qui sont des chansons que je fais toute seule chez moi sur Garage Band, qui est le logiciel le plus pourri du monde (sourire), et que j’enregistre limite avec mes écouteurs iPhone. Je suis en train de mixer et masteriser cinq « prières » et j’aimerais les sortir en vinyles numérotés.