« Eurovision France » : « Le mot "alléluia" a la force de rassembler les gens », estime Andriamad

INTERVIEW Le duo Andriamad évoque pour « 20 Minutes » son souhait de défendre les chances tricolores en mai à l’Eurovision

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Cécile et Kévin forment le duo Andriamad.
Cécile et Kévin forment le duo Andriamad. — Andriamad
  • Huit artistes solo, trois duos et un trio sont en lice pour Eurovision France, c’est vous qui décidez !, la sélection française pour l’Eurovision qui sera diffusée le 30 janvier sur France 2.
  • Le duo Andriamad, formé de Cécile et Kévin, est en lice avec la chanson Alléluia.
  • « Notre chanson représente le partage et le côté multiculturel du concours », avance Kévin à 20 Minutes.

Cette année, douze chansons peuvent espérer représenter la France à l’Eurovision en mai. Mais il n’y aura qu’une élue. Elles seront départagées le 30 janvier au soir, sur France 2, dans le cadre d’Eurovision France, c’est vous qui décidez ! présentée par Stéphane Bern et Laurence Boccolini.

D’ici là, 20 Minutes vous propose de découvrir chaque jour les artistes qui, en solo, en duo ou en trio, sont engagés dans la compétition. Coup d’envoi ce lundi avec Andriamad, duo composé de Kévin, 32 ans et Cécile 27 ans – le nom du groupe fait référence au patronyme de la grand-mère de cette dernière. Le titre de leur chanson, Alléluia, peut traverser les frontières sans passer nécessairement par la case traduction.

Quelle est l’histoire de votre duo ?

Kévin : Il y a quatre ans, je cherchais une chanteuse pour former un duo. Une amie commune nous a mis en contact Cécile et moi. On s’est vu en studio, pour se rencontrer et essayer quelque chose ensemble. Moi, je revenais du Cap Vert et elle s’apprêtait à partir à Séoul (Corée du Sud)…
Cécile : Il nous restait trois semaines avant qu’on se sépare. On a ensuite gardé contact pendant six mois. On a commencé à écrire nos textes, à les échanger. Quand je suis rentrée on a commencé à vraiment poser des paroles sur des musiques. Assez vite, nous sommes allés sur scène, on a fait un premier concert au Bar Gallia à Pantin. On a adoré l’échange avec le public, on a eu envie de continuer.
Kévin : Notre point commun, c’est que nos parents écoutaient des musiques du monde. On a été bercés par ça. Mon père était pianiste et ma mère chanteuse.
Cécile : Moi, j’ai grandi à La Réunion, donc j’écoutais pas mal de musique réunionnaise, ces sonorités chaloupées, avec les kayamb, les percus. On s’est rejoint sur les musiques, entre guillemets, « tropicales », et ça nous plaît de les mélanger à de l’électronique.

En quoi « Alléluia » serait, selon vous, une bonne chanson pour l’Eurovision ?

Kévin : On a écrit cette chanson entre le premier et le second confinement parce que les voyages nous manquaient. Dans notre ADN musical, on parle beaucoup des autres cultures, de tolérance… On a vraiment écrit la chanson pour l’Eurovision en se disant que c’était un beau message à faire passer, en cohérence avec notre univers. Alléluia parle de curiosité positive, de la découverte de l’autre, d’apprendre des autres cultures, de revenir enrichi des autres. Alléluia, pour nous, est un mot qui a la force de rassembler les gens, ce qui est essentiel dans cette période très compliquée où l’on a peur les uns des autres avec ce qu’il se passe. Elle représente aussi le partage et le côté multiculturel du concours.

A quoi va ressembler votre performance dans « Eurovision France » ? Allez-vous proposer une réorchestration de la chanson ?

Kévin : On est en pleine réflexion au niveau de la scénographie. On aimerait rester dans l’univers de notre chanson avec la thématique du regard, de l’œil qu’on se dessine sur la main. Par rapport à la musique, quand on travaille en studio, on est très instinctifs au niveau des arrangements et on aime bien se fier aux premiers jets. Comme ça a fonctionné pour la sélection, on n’a pas envie de dénaturer le titre.

Cécile : Cette version fonctionne bien. On sait qu’il faut travailler la choré, la lumière, les costumes, mais en termes de musique pure et dure, on a envie d’upgrader notre puissance vocale et notre justesse, mais on est assez contents de l’orchestration.

Etes vous surpris des réactions suscitées par votre chanson, même au-delà des frontières françaises ?

Cécile : On a été assez agréablement surpris de recevoir des mails ou des messages sur les réseaux sociaux en provenance du public étranger. Je ne m’y attendais pas autant, c’est euphorisant.

Kévin : La communauté des fans de l’Eurovision est très bienveillante, très dans le jeu. On reçoit des vidéos sur lesquelles des gens réagissent en direct sur notre titre, c’est assez amusant.

Si je vous dis « Eurovision », quelle image ou quel artiste vous vient spontanément en tête ?

Cécile : Celle qui a gagné il y a deux ans. A chaque fois j’oublie son nom mais je l’adore. Netta, voilà. C’est vrai qu’avant de participer à Eurovision France, l’Eurovision ne m’était pas très familier, je ne regardais pas vraiment le concours. Quand je m’y suis intéressée, je suis tombée sur cette artiste et j’ai adoré sa musique. Je l’écoute encore souvent maintenant.

Kévin : Moi, c’est une image : le côté multiculturel. C’est intéressant cette idée de concours international de chansons originales. Je n’arrivais pas trop à situer l’Eurovision en termes de qualité et, en regardant les vidéos, j’ai vu qu’il y a aussi bien des choses qualitatives que des choses au second degré.

En dehors de votre participation à « Eurovision France », quels sont vos projets ?

Kévin : On a déjà écrit un EP qui est prêt à sortir. On a envie de jouer sur scène dès que les salles rouvriront. On a un gros concert qu’on a envie de partager avec d’autres artistes, avec pas mal de chanson en featuring qu’on souhaite jouer en live.