Pourquoi les influenceurs et les stars de la téléréalité partent-ils tous s’installer à Dubaï ?

(DU)BYE LA FRANCE Les stars de l’influence sont toujours plus nombreuses à poser leurs valises à Dubaï, où tout est réuni pour qu’elles s’épanouissent personnellement et professionnellement

Clément Rodriguez

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Nabilla et Thomas Vergara face au soleil couchant de Dubaï
Nabilla et Thomas Vergara face au soleil couchant de Dubaï — © Nabilla Vergara/Instagram
  • Jazz et Laurent, Nabilla et Thomas Vergara, Manon et Julien Tanti, on ne compte plus les couples stars des réseaux sociaux partis vivre s’installer à Dubaï.
  • La ville leur permet à la fois de profiter d’un cadre paradisiaque toute l’année, mais aussi de faire fructifier leurs affaires.
  • Quelles sont les raisons, personnelles et professionnelles, pour lesquelles les influenceurs français s’exilent-ils tous aux Emirats arabes unis ?

Un soleil éblouissant, du sable à perte de vue, une eau cristalline… On a beau être en plein hiver, les photos qui sentent bon les 30 °C continuent d’apparaître sous nos yeux lorsque l’on ouvre Instagram. Non, ce n’est pas à cause de vos amis qui sont partis se faire dorer la pilule sans vous prévenir, mais plutôt grâce aux influenceurs qui sont de plus en plus nombreux à poser leurs valises à Dubaï.

Les couples stars de la téléréalité Jazz et Laurent, ainsi que Jessica Thivenin et Thibault Garcia, ont été parmi les premiers à lancer cette tendance. Depuis, ils ont été rejoints par les plus grands noms de l’influence :  Nabilla et Thomas Vergara (8 millions d’abonnés sur Instagram à eux deux), Manon et Julien Tanti (7,5 millions de fans) ou encore Caroline Receveur et Hugo Philip (4,6 millions de followers). Mais pourquoi ces célébrités s’envolent-elles toutes pour les Emirats arabes unis ?

Pour plus de sécurité

Une partie de la réponse se cache dans la question qui vient d’être posée : ce sont des célébrités. Et comme toutes, elles tiennent au respect de leur vie privée lorsque l’appareil photo de leur téléphone n’est pas activé. Star des Marseillais, Maeva Ghennam fait partie des dernières à avoir rejoint Dubaï. Il y a deux mois, la jeune femme de 23 ans a été agressée devant son domicile, à Marseille. « Je ne me sens pas bien en sécurité en France parce qu’on est venu m’agresser devant chez moi, dans mon jardin », avait-elle alors confié sur Snapchat après cet épisode traumatisant.

« L’une des principales raisons qui poussent les influenceurs à s’installer à Dubaï est sans conteste la sécurité, notamment pour ceux qui ont des enfants ou qui souhaitent fonder une famille, indique la société d’influence marketing Kolsquare à 20 Minutes. Là-bas, ils retournent presque dans une forme d’anonymat et cela change largement la donne au quotidien. » À 5.000 kilomètres de la France, Dubaï permet donc aux influenceurs de sortir leurs lunettes de soleil uniquement pour se protéger les yeux, et non pas pour passer incognito.

Pour payer moins d’impôts

Un chiffre : zéro. À Dubaï, aucun impôt n’est appliqué sur le revenu, ni même sur les sociétés, à moins qu’il ne s’agisse d’entreprises de l’industrie pétrolière et gazière, ce qui n’est vraisemblablement pas le créneau des influenceurs. Ils préfèrent plutôt lancer leur propre marque, comme Nabilla Beauty, Osée Beauté ou JTbyTANTI. « La domiciliation fiscale de l’activité des influenceurs hors de France peut en effet théoriquement être liée à une optimisation de leurs revenus », répond Kolsquare.

Mais il ne s’agirait pourtant pas d’un argument majeur. « Chaque situation fiscale est unique, et il faut bien se garder de généraliser et caricaturer les influenceurs », note l’agence d’influence marketing.

Pour faire fructifier leurs placements de produits

Autre source de revenus pour les stars de la téléréalité : les placements de produits. En story ou sur leur feed Instagram, les posts sponsorisés sont devenus légion. Afin d’avoir le meilleur rendu possible, quoi de mieux que des palmiers et une eau bleu azur ? Et ce, de janvier à décembre. « La ville permet d’imaginer des dispositifs créatifs tout au long de l’année grâce à un accès à “toutes les saisons” et à tous types de paysages dans un rayon de quelques kilomètres : plages, désert, ville, pistes de ski », énumère Kolsquare.

« Lorsque vous êtes un influenceur à Dubaï, vous pouvez imaginer faire la promotion de boots pour skier l’hiver et trois minutes plus tard, vous retrouver sur un yacht pour la promotion d’une marque de maillots de bain, explique la société. Il y a une plus grande facilité à concevoir et créer du contenu pour les marques qui vous sollicitent. » Un avantage qui n’est pas négligeable à l’heure de la crise sanitaire du coronavirus qui impose, en France, des contraintes telles que le port du masque ou le couvre-feu à des marques et des influenceurs qui veulent mener à bien leurs collaborations.

C’est quoi le bail avec Dubaï ?

Du soleil, des avantages fiscaux, un cadre idyllique, on ne trouve pas ça qu’à Dubaï. Les Bahamas ou l’île Maurice remplissent très bien ces critères mais la ville des Emirats arabes unis chouchoute ses futurs habitants. « De nombreuses agences déjà spécialisées offrent aux influenceurs occidentaux et français les meilleures conditions d’installation possibles, permises par une facilité d’intégration rarement vue ailleurs puisque 85 % des habitants de Dubaï sont expatriés », note-t-on du côté de Kolsquare.

Et puis aux Bahamas, les gratte-ciel montent moins haut… La ville du golfe Persique, elle, « offre une réelle et nouvelle facilité de création de contenus tout au long de l’année grâce à son aspect multifacettes qui permet de créer dans toutes les conditions possibles et imaginables », ce qui en fait l’un des endroits les plus instagramés du monde. La nouvelle saison des Marseillais, dont le tournage débute au mois de janvier, se tourne d’ailleurs… à Dubaï. De quoi convaincre définitivement les derniers « fratés » des Bouches-du-Rhône de rejoindre la ville ?