Coronavirus : Malgré des baisses de ventes, les librairies ont limité la casse en 2020

BILAN L’activité globale de la profession affiche un recul de 3,3 % des ventes comparativement à 2019, grâce aux achats massifs des lecteurs lors des quelques mois d’ouverture

20 Minutes avec AFP

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Une librairie à Rouen le 27 décembre 2020.
Une librairie à Rouen le 27 décembre 2020. — JP PARIENTE/SIPA

C’est l’heure du bilan pour les  librairies. Comme l’a annoncé ce mardi le Syndicat de la librairie française, elles ont limité la casse en 2020, l’activité globale de la profession affichant un recul de 3,3 % des ventes comparativement à 2019.

« La fréquentation exceptionnelle en librairie après les deux périodes de fermeture a permis d’éviter une catastrophe », a expliqué le syndicat dans un communiqué, soulignant le « retour très massif » des lecteurs en librairie à la suite des deux périodes de confinement : +32 % en juin, +35 % en décembre.

Une librairie sur cinq a accusé une baisse supérieure à 10 %

Ces données ont été collectées par l’Observatoire de la librairie, géré par le Syndicat de la librairie française. Celui-ci regroupe 368 librairies pour un chiffre d’affaires consolidé de 390 millions d’euros, soit plus du tiers du chiffre d’affaires de la profession. Les évolutions sont contrastées selon la taille des librairies, les plus grosses ayant le plus souffert de la fermeture. Plus le chiffre d’affaires est important, plus l’activité se rétracte : ainsi, les librairies de plus de 4 millions d’euros de CA ont subi une baisse moyenne de plus de 9 %. Une librairie sur cinq a accusé une baisse supérieure à 10 %.

La majorité des rayons a été en baisse, à l’exception de la littérature, de la bande dessinée et de la vie pratique, qui ont représenté à eux trois la moitié des ventes en librairie en 2020. Pour le tourisme, le livre d’art (fermeture des musées, annulation des expositions) et l’universitaire, les contre-performances ont été directement imputables à la crise sanitaire.

Des commerces « non essentiels »

Les librairies, cataloguées parmi les commerces non essentiels au deuxième confinement, avaient finalement pu rouvrir fin novembre, et ont donc pu profiter pleinement de la vague d’achats de la période de Noël. Beaucoup de voix s’étaient élevées pour demander leur réouverture, la lecture s’avérant une activité psychologiquement précieuse et très demandée en période d’arrêt des autres activités culturelles.

Selon les estimations du syndicat, pendant le deuxième confinement, les ventes autorisées aux libraires, par correspondance et sur leur pas-de-porte («click and collect »), ont assuré jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires réalisé en temps normal.