« Qui Est-Ce ? » ou « Time's Up » version femmes puissantes... « 20 Minutes » a testé trois jeux féministes

BADASS Ces jeux permettent d’apprendre les noms de femmes célèbres ou de réagir, pour le dernier, à des remarques sexistes  

Aude Lorriaux

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Deux personnes jouant à  « Who’s she? »
Deux personnes jouant à « Who’s she? » — Zuzia Kozerska-Girard
  • 20 Minutes a testé pour vous trois jeux féministes : Who’s she ?, Bad bitches only et Moi c’est Madame.
  • Moi c’est Madame entraîne à réagir au sexisme, grâce à une série de cartes « répliques » pour répondre à des « attaques ».
  •  Who’s she ? et Bad bitches only vont vous permettre d’apprendre des noms de femmes célèbres et puissantes en vous amusant.

Les fêtes de fin d’année vous ont donné l’occasion de jouer, et vous vous êtes rendu compte qu’il fallait peut-être renouveler et dépoussiérer votre stock de jeux de société ? Pas de problème, 20 Minutes a testé pour vous, en famille, trois jeux féministes. De quoi apprendre en jouant les noms et le parcours de femmes célèbres, ou vous protéger de remarques sexistes par quelques piques bien senties.

« Who’s she ? » : Le « Qui Est-Ce ? » des femmes badass

Le jeu « Who’s she? »
Le jeu « Who’s she? » - Zuzia Kozerska-Girard

C’est de loin notre jeu préféré, et celui qui a conquis le cœur de notre équipe transgénérationnelle de testeurs et testeuses, de 11 à 66 ans. Le jeu polonais Who’s she ?  est construit comme un  Qui Est-Ce ?, ce jeu déductif où il faut trouver qui se cache derrière la carte tirée par l’adversaire (mais qui ne comptait que cinq femmes sur 24…). Ici, point de barbes ou de cheveux roux ou bruns, mais des femmes qui peuvent avoir été « dirigeantes », « autodidactes », « musiciennes », « autrices », qui ont combattu le racisme, pour les droits des femmes, ou se sont engagées pour l’écologie. En tout 28 femmes, parmi lesquelles l’artiste Yoko Ono, la chanteuse Aretha Franklin, l’écrivaine Joanne Rowling, ou la première femme médecin et obstétricienne de la Grèce antique, Agnodice.

Chloé, 11 ans, est devenue fan du jeu. Quand on lui lit la notice sur Agnodice, qui explique qu’elle a dû se couper les cheveux et s’habiller en homme pour pratiquer sa science, elle s’écrit : « C’est grâce à Agnodice que Sasha a pu être bien dans sa peau ! », en référence au film Petite fille, qui raconte le parcours d’une petite fille trans. Quelques minutes plus tard, elle est déjà en train de tout expliquer à sa grand-mère – « Beyoncé, tu connais Mamie ? » – et a choisi sa préférée : Wangari Maathai, militante écologiste qui a créé le mouvement de la Ceinture verte, qui verse un salaire aux femmes pour planter des arbres. La jeunesse nous sauvera !

  • 15 euros pour la version papier, 45 euros pour la version en carton, 75 euros pour la version en bois. 

« Bad bitches only » : le Time’s up féministe

Le jeu « Bad bitches only »
Le jeu « Bad bitches only » - Gender games

Faire deviner un maximum de personnalités à son équipe en un temps limité, en mots, mimes ou dessins : ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Le Time’s up ! Le jeu Bad bitches only en est une adaptation, avec au menu cette fois-ci des femmes célèbres. On y trouve les chanteuses Angèle et Beyoncé, la reine Aliénor d’Aquitaine, la cheffe de l’Etat birman Aung San Suu Kyi, les actrices Brigitte Bardot et Marion Cotillard, la patineuse Surya Bonaly, et bien d’autres encore…

Certaines cartes ne sont pas évidentes, mais vous avez le droit de les passer à la première manche. Ce sera donc l’occasion d’apprendre quelques noms peut-être moins connus, comme la peintre italienne Artemisia Gentilieschi, la mathématicienne Sophie Germain, ou la Reine d’Egypte antique Hatchepsout. Nos testeurs et testeuses ont tous et toutes apprécié le jeu.

  • 19 euros, ou 32 euros avec deux extensions « Queer icons » et « feminist warriors ».

« Moi c’est Madame » : le plus original, mais le plus compliqué

Le jeu « Moi c’est Madame »
Le jeu « Moi c’est Madame » - Eclap.fr

C’est le jeu le plus original, car contrairement aux deux autres, il ne reprend pas les règles d’un jeu existant. Mais c’est aussi, peut-être pour cette même raison, le jeu dont les règles sont les plus compliquées à comprendre. Chaque joueur ou joueuse tire une carte sur laquelle est écrite une remarque sexiste, un défi ou une question, et les autres doivent répondre en ripostant par une réplique, en improvisant une saynète ou en donnant la bonne réponse.

Cela donne des séquences assez drôles quand la scène d’impro est : « Répond en te grattant l’entrejambe ». Les répliques sont piquantes : « Va t’acheter un utérus et on en reparle »... Mais les défis et questions sont parfois difficiles pour un public non spécialisé : « Chante une chanson féministe ». On vous conseille aussi de la prudence avant de jouer avec des ados, celui de notre équipe de testeurs et testeuses s’est senti mal à l’aise quand il a fallu qu’il lise à haute voix « Déso, moi je bouffe des chattes ». Au final le jeu a fait un demi-flop, surtout à cause de la lisibilité des règles (de cette version béta, il faut le souligner). Avant de démarrer, assurez-vous donc d’avoir visionné cette vidéo.

  • 25 euros, ou 30 euros avec une extension de jeu, le « pack anti-machos »