Coronavirus à Marseille : «Je me suis amusé à dessiner Raoult en dealer de chloroquine»... Dadou caricature le médecin dans une BD

INTERVIEW Le dessinateur montpelliérain Dadou sort un BD humoristique autour de Didier Raoult, croqué avec humour en un dealer marseillais de chloroquine

Propos recueillis par Mathilde Ceilles

— 

Ce dessin de Dadou mettant en scène le professeur Raoult et Emmanuel Macron a été le point de départ de sa BD "Chloro King".
Ce dessin de Dadou mettant en scène le professeur Raoult et Emmanuel Macron a été le point de départ de sa BD "Chloro King". — Chloro King / Dadou
  • Le point de départ de la BD Chloro King est un dessin de Didier Raoult et Emmanuel Macron réalisé il y a plusieurs mois par Dadou. Il fait aujourd’hui le tour des réseaux sociaux après le test positif du président de la République.
  • Pour Dadou, Didier Raoult, par sa franchise et son attitude, est un personnage idéal de BD.

« Tu cherches de la chloro​, frère ? » En faisant ce dessin il y a des mois, qui croque un Didier Raoul face à un Emmanuel Macron dans l’embarras, et qui fait aujourd’hui le tour des réseaux sociaux, le dessinateur Dadou ne pensait peut-être pas coller aujourd’hui avec une telle exactitude à l’actualité. Alors que le président de la République a été testé positif ce jeudi au Covid-19, le dessinateur montpelliérain sort cette semaine Chloro King. Une BD née de ce croquis et qui met en scène  Didier Raoult en un drôle de dealer de chloroquine. 20 Minutes a rencontré le bédéaste.

Quel est le point de départ de ce projet ?

L’envie m’est un peu tombée dessus. Je suis dessinateur de BD, mais aussi dessinateur de presse. Pendant le confinement, tout s’est un peu arrêté et j’ai eu un peu de temps. Lors de la visite d’Emmanuel Macron à Didier Raoult, je me suis amusé à dessiner cette rencontre en imaginant Raoult en dealer de chloroquine. Et ensuite je me suis pris au jeu, car ce personnage de Didier Raoult est génial.

Pourquoi ?

Déjà, Didier Raoult est un personnage grande gueule qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense. C’est très intéressant pour un dessinateur BD qui a besoin de textes clairs et précis pour que cela rentre dans une bulle. Il aussi ce look, cette attitude assez rock’n’roll. Pour un auteur comme moi, c’est clairement une base géniale pour s’amuser et avoir à travers lui une totale liberté. Et en la matière, j’avais envie d’aller très loin, à travers l’humour qui est mon domaine.

Au fil des planches, on a l’impression que vous essayez de donner tort à ses détracteurs et de le réhabiliter…

Cette année a été tellement plombante et affreuse. Mon seul but, vraiment, était de faire rire pendant au moins une heure. Ma BD s’adresse à tout le monde, qu’on aime le professeur Didier Raoult ou non. Après, il est vrai que j’éprouve du respect pour les gens ont réussi. Et c’est son cas. Et je n’ai fait que retracer les faits qui se sont passés.

Avez-vous pu entrer en contact avec lui ?

J’ai écrit la BD sans la montrer à personne. J’avais clairement peur de sa réaction. Vous savez, depuis Charlie Hebdo, nous, les caricaturistes, on se demande parfois si les gens comprendront le second degré. Je l’ai rencontré finalement la semaine dernière. Il m’a accueilli dans son bureau. J’ai offert des BD à l’IHU, toute son équipe était amusée par mes dessins. Lui était un peu réservé. Il m’a finalement demandé de m’asseoir… Et il m’a caricaturé en cinq coups de crayon ! J’ai trouvé ça extraordinaire, ça prouve qu’il a de l’autodérision et qu’on peut encore rire de tout.