Un écrivain italien rend sa Légion d’honneur après celle accordée au président égyptien par Emmanuel Macron

DÉSHONNEUR Abdel Fattah al-Sissi serait selon le journaliste italien le « complice d’atroces criminels »

20 Minutes avec agences

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L'écrivain Corrado Augias
L'écrivain Corrado Augias — ZELIGIO/PAONICONTRASTO

L’écrivain italien Corrado Augias a annoncé ce dimanche qu’il allait restituer la Légion d’honneur qui lui avait été remise en 2007. Par ce geste, il souhaite protester contre la décoration d’ Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien.

Emmanuel Macron a remis lundi dernier au chef d’Etat en visite officielle à Paris la grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction française. Une décision qui avait provoqué l’ire des ONG humanitaires. Ces dernières accusent le régime égyptien de réprimer les droits humains.

En mémoire de Giulio Regeni

Dans une lettre publiée dans le quotidien italien de gauche La Repubblica, Corrado Augias qualifie son acte de « purement symbolique », voire de « sentimental ». Le journaliste et ancien eurodéputé a indiqué qu’il se rendrait ce lundi à l’ambassade de France pour rendre sa médaille.

Selon l’auteur de l’Histoire secrète du Vatican, Abdel Fattah al-Sissi se serait « objectivement rendu complice d’atroces criminels ». L’intellectuel fait notamment référence au meurtre de Giulio Regeni, un étudiant italien de 28 ans retrouvé mort dans la banlieue du Caire en janvier 2016.

Un geste salué

Ce dernier avait été enlevé, torturé et mutilé. Cette affaire est source de tensions entre l’Egypte et l’Italie, cette dernière accusant notamment Le Caire de ne pas vouloir coopérer avec les enquêteurs. Rome avait même rappelé son ambassadeur et s’apprête désormais à juger quatre officiers égyptiens, dont un général.

Nombreuses sont aujourd’hui les personnalités publiques à saluer l’initiative de l’écrivain. « J’espère qu’à partir de demain, une longue queue se formera à l’extérieur de l’ambassade de France pour imiter le noble geste de Corrado Augias », a ainsi indiqué dans un tweet​ ​cité par Libération le porte-parole italien d’Amnesty International.