Nantes : Une soixantaine de dessins d’époque de Dreyfus et Zola acquis aux enchères par l’Etat

HISTOIRE Le musée d’art et d’histoire du judaïsme, basé à Paris, a bénéficié d’un droit de préemption pour emporter les dessins signés Maurice Feuillet

Frédéric Brenon

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Portraits d'Alfred Dreyfus et Emile Zola au tribunal. Par l'illustrateur Maurice Feuillet.
Portraits d'Alfred Dreyfus et Emile Zola au tribunal. Par l'illustrateur Maurice Feuillet. — Ivoire Nantes

« C’était tout à fait prévisible que l’Etat intervienne compte tenu de l’intérêt historique des lots », analyse Me Henri Veyrac, commissaire-priseur à Nantes. Une soixantaine de dessins d’époque représentant Alfred Dreyfus et Emile Zola ont été acquis mardi après-midi par le musée d'art et d'histoire du judaïsme, lors d’une vente aux enchères exceptionnelle organisée par l'hôtel des ventes Ivoire de Nantes. Quelque 57 lots sur 61 ont été achetés, pour un montant global d’un peu moins de 50.000 euros, par cet établissement culturel associatif financé à parité par le ministère de la Culture et la ville de Paris.

Tous ces dessins étaient signés Maurice Feuillet (1873-1968), un illustrateur de presse ayant couvert de nombreux procès, dont celui, célèbre, du capitaine Alfred Dreyfus devant le tribunal militaire de Rennes en 1899. L’Etat a dû, pour les obtenir, faire jouer son droit de préemption, c’est-à-dire qu’il bénéficiait d’une priorité à l’achat lorsqu’une enchère était conclue.

Ils seront exposés au grand public

Le dessin le plus convoité, unegouache à la pierre noire représentant Dreyfus lors de son procès en révision le 12 août 1899, a été adjugé 6.400 euros (hors taxes). Une autre illustration symbolique, celle de l’écrivain Emile Zola au procès, a été emportée à 2.100 euros.

Ces dessins appartenaient jusque-là à des descendants de Maurice Feuillet. « Ils ont une grande valeur parce qu’ils racontent un événement important de notre histoire nationale, explique Me Henri Veyrac. Mais aussi parce qu’on a un témoin qui est présent et qui a du talent. Il apporte son regard, sa patte, à cette affaire Dreyfus. Le musée d’art et d’histoire du judaïsme souhaite les valoriser auprès du grand public. Donc je ne peux que me réjouir de cette acquisition. »