« Jul m’a permis d’exploser », reconnaît TK, le petit protégé masqué du rappeur marseillais

INTERVIEW Le jeune rappeur TK originaire de Marseille sort son premier album « Pas Ouehda » ce vendredi avec le soutien de Jul

Adrien Max

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Le rappeur TK.
Le rappeur TK. — Alexandre Markezana
  • Le rappeur TK, originaire de Marseille, sort son premier album Pas Ouehda ce vendredi.
  • Ce rappeur masqué a été propulsé sur la scène du rap français grâce à Jul qui l’avait invité à l’un de ses Planète Rap sur Skyrock.

Le jeune rappeur TK, originaire du quartier du panier à Marseille, sort son premier album Pas Ouehda, ce vendredi. Un premier album pour cet artiste toujours masqué alors qu’il est déjà très largement suivi sur les réseaux sociaux, son péché mignon.

Petit protégé de Jul, il signe déjà de sacrées collaborations sur ce premier album avec Zaho, Heuss L’enfoiré, et Jul, forcément. Pour 20 Minutes

TK, explique-nous d’où tu viens ?

Je suis un jeune du quartier du Panier, qui a la vingtaine. Je suis un vagabond du centre-ville, entre le Panier, la Joliette, la porte d’Aix. On n’est pas des jeunes qui ont grandi entre quatre tours, on a eu le droit à un beau décor du centre-ville avec le Vieux-Port, les Terrasses du Port, la Bonne Mère. Mais on a aussi connu des galères dans un quartier à trente secondes du Vieux-Port dans des ruelles où il y a le plus de rats en France.

Comment en es-tu venu à la musique ?

On s’y est mis il y a deux ou trois ans. On s’est dit allez on va au studio faire un son, ça part d’un délire entre potes à la base, tous fans de musiques, jeunes de Marseille, fans de foot, de l’OM et de rap. Ado, j’étais méga fan du Rat Luciano, de la Fonky Family, de Booba, Rohff et 50 Cent. J’ai été bercé par tous ces rappeurs.

Raconte-nous le début du succès.

A la base, on fait des petits sons qu’on a balancés sur YouTube. Ils ont commencé à être écoutés à Marseille et aux alentours. J’ai un poto qui est très bon ami avec le cousin de Jul. Il lui a donné des sons pour lui faire écouter. Il a apprécié, m’a recontacté et on s’est vu. On a sympathisé et il a donné la chance à une dizaine de jeunes comme moi. Il nous a invités sur le plateau de Planète Rap, l’émission de Skyrock et ça nous a donné tout de suite une exposition nationale. Il m’a apporté cette crédibilité, ce rayon de soleil qu’il me manquait pour exploser.

Justement explique-nous le rôle que Jul a joué ?

Il m’a complètement permis d’exploser. Son soutien est important, c’est crédibilisant et rassurant. Ça donne de la confiance d’être au côté du plus fort, du numéro un. C’est un peu comme quand il y a une bagarre à la récré et que tu sais que s’il y en a un qui t’embête, t’es avec le plus fort. A la base, je faisais de la musique par passion et quand j’ai eu cette opportunité je me suis dit pourquoi pas, je n’avais rien à perdre de toute façon. Et cet accompagnement, cette exposition que m’a donné Jul est juste incroyable.

Qu’est ce que ça te fait de sortir ton premier album ?

C’est incroyable et en même temps dur de réaliser que je vais sortir mon premier album. Qu’il va être dans les bacs à la Fnac, chez Cultura. C’est un rêve qui se réalise mais c’est aussi beaucoup de pression, et d’enthousiasme. C’est un mélange d’émotions.

Comment définirais-tu ton rap ?

Tu peux l’écouter sans trop avoir besoin de te concentrer, il suffit d’écouter le son. C’est un mélange de mélodie positive, mi-festive et mi-mélancolique. Mais tu peux aussi t’intéresser aux paroles. Ma musique est là pour raconter les plaisirs de la vie, les gamberges, la tristesse. Moi la musique m’accompagne partout, pendant mon footing, quand je suis au calme à jouer à la Play. Il ne faut pas que ce soit une prise de tête. C’est pour ça que je raconte ce que je vis sans prise de tête, des choses simples du quotidien, pour que les gens qui écoutent puissent s’identifier à ce que je vis.

Tu appelles souvent dans tes musiques les fans à te suivre sur les réseaux sociaux, quelle place occupent-ils ?

C’est un peu une passerelle, c’est moi qui les ai rendus comme ça. Mes réseaux restent ouverts, n’importe qui peut m’envoyer un message. Qu’il aime ou pas ma musique. C’est une passerelle entre moi l’artiste et la team ? Je n’aime pas utiliser « fan », c’est simplement pour donner de la force à ceux qui se sentent visé, ils peuvent me poser des questions. Il y a une vraie proximité, et ça va même au-delà, une vraie intimité.

Et tu rappes toujours avec un masque… Et des Nike TN ?

Les TN c’est la base, le confort et le style, ça ne bouge pas. Le masque, c’est parti d’un délire, on ne voulait pas trop se montrer et on trouvait ça stylé. Je n’avais même pas prévu de faire 1.000 vues, c’était un délire entre potes et c’est resté.

Comment imagines-tu la suite après cet album ?

Je veux rencontrer mon public, j’en ai besoin. Même juste pour une dédicace, j’ai besoin de les rencontrer. C’est le minimum pour être reconnaissant envers eux. Qu’ils aient kiffé l’album, qu’ils l’aient piraté, tant qu’ils se sont intéressés à ma musique. Pour des commentaires positifs, comme négatifs. J’ai travaillé avec tout mon cœur, j’ai transpiré pendant des nuits, donc j’ai besoin d’aller les voir. J’avais commencé une petite tournée de dédicaces avant le deuxième confinement. Dès que je peux, j’y retourne direct pour faire des dédicaces à la team. Et une tournée serait magique, je serai sur un petit nuage.