Les replays de la semaine : Le discours bouleversant d’Agnès Jaoui… Beethoven à la sauce électro…

A LA DEMANDE Replay, SVOD, streaming, podcast… « 20 Minutes » vous donne ses conseils vidéo et audio de la semaine  

A.L.

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Agnès Jaoui en 2018 au Festival du film Francophone d Angoulpeme.
Agnès Jaoui en 2018 au Festival du film Francophone d Angoulpeme. — Jean Michel Nossant/SIPA

Il n’y a pas que le direct dans la vie, il y a aussi le replay. De YouTube à Netflix en passant les replays des chaînes de télévision et les podcasts des stations de radio, 20 Minutes vous concocte chaque dimanche une liste de choses à voir, ou revoir, à écouter ou réécouter.

Le discours bouleversant d’Agnès Jaoui, qui révèle avoir été agressée sexuellement

« Vers 5 ans, je me suis fait abuser par un inconnu dans la cage d’escalier de mon immeuble. Juste après, tandis que ma mère appelait la police, il y avait à la télévision un film pour enfants avec une petite fille blonde qui disait de jolies choses et de sa bouche sortait des diamants et une petite fille brune qui disait des gros mots et de sa bouche sortait des crapauds ». C’est ainsi que commence le discours d’Agnès Jaoui, qui s’exprimait aux Assises pour l’égalité, la parité et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel, organisées par le Collectif 50/50.

Un puissant discours dans lequel l’actrice et réalisatrice raconte sa vie de femme, pendant laquelle elle a progressivement ouvert les yeux sur l’ampleur du sexisme et des discriminations. C’est ainsi qu’à 16 ans elle s'aperçoit pendant ses cours de théâtre que « pour 10 rôles d’hommes on compte deux ou trois de femmes », qu’elle n’a lu que des livres écrits par des hommes, plus tard que ses amies actrices travaillent moins que ses amis acteurs. Qu’on dit « patrimoine » et pas matrimoine ; et qu’une « puissante acceptation de son infériorité » lui a fait se féliciter à 30 ans du fait qu’il y ait 20 % de femmes réalisatrices. Et de terminer sur cette citation, qui semble tirée d’un roman d’Elie Grimes : « Les filles obéissantes vont au ciel, les autres vont où elles veulent. »

« Paradigme » : la rappeuse Illustre envoie tout balader dans son nouveau clip

« Louche, ton regard me dévie/Je crois que tu me trouves louche/Comment tu me décris/Quand les mots sortent de ta bouche » chantait Illustre sur Un type chelou, son clip sorti il y a deux mois, qui s’attaquait aux préjugés sexistes et genrés. Dans Paradigme, sorti le 25 novembre, quatrième clip de son album Ille, la rappeuse s’en prend aux « croyances limitantes ». On voit une femme excédée par son quotidien vaseux de beaufs misogynes envoyer tout bouler, se couper les cheveux, partir en voyage avec une femme et se rebeller contre un voyeur. « Ouverte d’esprit j’ai tout laissé de côté, la peur les on dit et tous les préjugés » clame-t-elle. Libérateur.

Un livre audio pour enfants, par une autrice afroféministe

Elle s’appelle Laura Nsafou alias @mrsxroots sur Twitter, elle est autrice jeunesse et militante afroféministe et se bat pour une meilleure représentation des femmes et des enfants racisés dans la littérature jeunesse. Elle vient de publier 12 contes consacrés aux Lumineuses, un groupe de femmes africaines puissantes aux pouvoirs magiques (Editions Lunii). Un album audio de 12 histoires qui ont pour thèmes communs l’entraide, la solidarité et la magie. Et qu’on peut doubler d’un livre papier, Fadya et le chant de la rivière, voyage initiatique de la jeune magicienne jusqu’à une déesse en colère. Le livre est décoré à l’encre dorée avec des illustrations phosphorescentes dans le noir, pour le plus grand plaisir des tout-petits.

  • Les Lumineuses. Album audio – 12 histoires - 11,90€
  • Fadya et le chant de la Rivière. Livre papier – 40 pages – 18,90 €
Fadya et le chant de la Rivière, aux Editions Lunii.
Fadya et le chant de la Rivière, aux Editions Lunii. - Lunii

Avec Parallels, Christian Löffler redonne vie à Beethoven

C’est l’un des compositeurs de musique électronique pop les plus talentueux de sa génération, et le voilà qui dresse des ponts avec la musique classique. A l’instar de l’un de ses congénères surdoués, Max Cooper, qui a rendu cette année hommage à Philipp Glass, Christian Löffler s’est penché sur Beethoven. Il a sélectionné trois symphonies et l’ouverture de la pièce Egmont, issus des enregistrements des années vingt et trente de la collection Shellac de Deutsche Grammophon, pour la plupart enregistrés à la Staatskapelle de Berlin.

« En écoutant les enregistrements, j’ai eu le sentiment que la musique de Beethoven était en fait très humaine et accessible, mais qu’elle était devenue un peu surnaturelle au cours de décennies de performances où l’on a intellectualisé sa musique. Je voulais ramener cette musique à des sensations très basiques » s’explique le musicien. Réussi. A noter que d’autres interprétations d’autres artistes que Beethoven doivent suivre, pour un album prévu en février 2021.