« Penso a te »: « J’ai pris mon pied à chanter en italien, en Italie, avec des Italiens », sourit Claudio Capéo

INTERVIEW Claudio Capéo explique à « 20 Minutes » ce qui l’a motivé à reprendre des chansons italiennes et raconte les coulisses de son nouvel album qui sort vendredi

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Claudio Capéo à Florence (Italie), durant l'été 2020, où il a enregistré son album Penso a te.
Claudio Capéo à Florence (Italie), durant l'été 2020, où il a enregistré son album Penso a te. — Diego Di Guardo
  • Penso a te, le nouvel album de Claudio Capéo sort le vendredi 4 décembre.
  • Sur cet opus, le chanteur de 35 ans chante essentiellement en italien et interprète des reprises de tubes tels que Volare, Come Prima ou Senza una donna. Deux titres inédits figurent sur le disque.
  • « Cet album, c’est un retour aux origines et un petit cadeau pour mes parents, pour qu’ils soient fiers de moi », confie l’artiste à 20 Minutes.

C’est un projet empreint de nostalgie. Pour son nouvel album, qui sort vendredi, Claudio Capéo a plongé dans ses souvenirs, et fouillé dans la liste des chansons italiennes qui ont rythmé ses plus jeunes années. Sur Penso a te, il reprend des standards tels que Come Prima, Caruso, Il mio rifugio ou Senza una donna et y ajoute deux titres inédits. Le chanteur de 35 ans a raconté à 20 Minutes les coulisses de cet opus. Ses réponses sont à lire avec les intonations enjouées qu’il avait à l’autre bout du téléphone.

C’est la nostalgie qui vous a guidée dans la conception de « Penso a te » ?

J’ai des parents immigrés italiens qui ont débarqué en France dans les années 1960-1970. J’ai toujours été bercé par la culture italienne, par la pasta, les grands repas avec, toujours en fond sonore, ces grandes chansons… C’est toute mon enfance, ça m’a toujours fait du bien. Cet album, c’est un retour aux origines et un petit cadeau pour mes parents, pour qu’ils soient fiers de moi. Ils le sont et l’ont toujours été car je n’ai jamais rien lâché, mais ils ne pensaient pas que j’étais capable de chanter en italien. J’ai hâte de mettre cet album entre leurs mains et de le leur faire écouter, je pense qu’il va y avoir des larmes qui vont couler.

Ils n’ont pas eu droit à une écoute en avant-première ?

Il y a des petites surprises que je préfère leur réserver, dont une chanson que j’ai écrite pendant le confinement et qui s’appelle Mamma et qui parle, bien sûr, de ma maman. Et un autre titre [Sono di Bonefro] qui évoque le village de mon père. Il est originaire de Bonefro, dans le Molise. C’est le morceau qui clôt l’album. Pour l’instant, ils ne sont pas au courant.

Au-delà de la langue, chanter en italien, c’est très différent de chanter en français ?

Même si la musique, les notes, sont les mêmes, au niveau des intonations, de l’ouverture de la bouche, j’ai l’impression qu’il y a plus d’émotion qui passe dans ma voix. J’ai un peu redécouvert cet instrument que j’avais en français avec cette langue française qui est magnifique. Mais j’ai envie de dire que je me suis senti un petit peu plus à l’aise en italien. Pour cet album, j’ai passé deux mois en Italie, cet été, pour replonger dans la culture et aussi tout ce qui est grammaire et orthographe. Je voulais faire ce disque sans mentir. Pour moi, ce n’est pas juste de la lecture : il fallait vraiment que je comprenne ce que je raconte dans les chansons. J’ai pris mon pied à chanter en italien, en Italie​, avec des Italiens.

Comment avez-vous choisi les chansons que vous reprenez sur « Penso a te » ?

Régis Ceccareli et Davide Esposito ont travaillé en amont. On a fait le choix des titres ensemble. J’ai simplement refouillé dans les K7 audio de mon père, celles qu’on écoutait quand on était petit, dans la Fiat Tempra, pendant nos vacances en Italie. Régis et Davide ont ensuite travaillé sur de nouveaux arrangements. On s’est donc retrouvés tous ensemble en Italie. J’ai commencé à poser ma voix, à revoir quelques détails. On a parlé de ce qui nous plaisait ou non. Ça s’est fait naturellement, dans une ambiance sereine, avec beaucoup de pâtes, de sauce tomate, de plaisir. On était dans un petit studio à Florence, et c’était le meilleur endroit pour faire ce projet.

Vous seriez presque prêt pour le Festival de Sanremo, le rendez-vous phare de la chanson italienne…

Sono pronto ! Oui, je suis prêt ! (Il rit) Ecoutez, on croise les doigts. On aurait bien aimé avec Gianna [Nannini] parce que je fais un duo avec elle dans l’album… Elle est une rockeuse, qui est une grande star en Italie, un peu leur équivalent de Johnny. Sa chanson I Maschi avait été un gros succès en France [n°2 du Top 50 en 1988]. Elle nous a fait le plaisir et l’honneur de venir chanter sur l’un des morceaux que j’ai écrit avec elle et qui s’appelle Ciao mia bella. C’est un inédit, on en est très fier.

Comment s’est passé l’enregistrement avec elle ?

C’était un moment très simple. On était en studio, on avait tout préparé, elle est venue. Elle parlait un petit peu français. C’est une femme qui a du cœur, très rigolote, très rock’n’roll. Elle est au service de la musique et n’est pas là pour faire la grande star. On a mangé des pâtes encore une fois à midi – c’est con mais ça revient à chaque fois (rires). C’était un pur moment de bonheur, elle était dans la simplicité, toute normale. ça fait du bien.

Vous aimeriez percer sur le marché italien ?

Pourquoi pas. En tout cas, je serai ravi d’y retourner pour voir ma famille, déjà, et puis aussi pour faire des concerts, m’y promener, car c’est un grand pays avec beaucoup de beaux endroits à visiter. Quand j’étais petit, j’allais toujours dans le Molise chez mon père et en Sicile chez ma mère, je n’ai jamais vu autre chose de l’Italie – à part Florence pour cet album. Il y a peut-être un marché à prendre, après, je n’aime pas parler de marché parce qu’on fait de la musique pour le plaisir, on n’est pas des hommes d’affaires. Mais j’aimerais voir comment ça se passe là-bas et peut être ramener d’autres idées. Passer du bon temps, un petit peu, c’est l’essentiel.

S’il ne fallait garder qu’une chanson italienne, ce serait laquelle ? Celle que vous préférez par-dessus tout ?

Oh la la. S’il n’en fallait qu’une seule, je dirais Via con me de Paolo Conte. Parce qu’elle me fait du bien…