Confinement à Bordeaux : « Le système d’horodatage va nous permettre de jouer le soir sans proposer des horaires impossibles au public » estime l’Opéra

REOUVERTURE L'administrateur général de l'Opéra de Bordeaux est soulagé après l'annonce de la réouverture des théâtres et salles de spectacle le 15 décembre

Mickaël Bosredon

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Le Grand-Théâtre de Bordeaux
Le Grand-Théâtre de Bordeaux — Julien Fernandez
  • L’Opéra de Bordeaux avait fait le choix de ne supprimer quasiment aucune représentation durant le confinement, pour permettre des enregistrements ou des diffusions en live.
  • L’établissement se dit ainsi prêt à rouvrir sans difficulté pour le 15 décembre.
  • Il attend toutefois de connaître plus précisément les conditions d’accueil du public.

Soulagé et heureux. Olivier Lombardie, l’administrateur général de l’Opéra National de Bordeaux, voit « enfin le bout du tunnel » après l’annonce de la réouverture des théâtres et salles de spectacle au 15 décembre. « Nous avions des échos plutôt optimistes depuis 48 h, même s’il y a quelques jours encore je n’y croyais pas du tout. »

Reste maintenant à connaître les conditions précises d’accueil du public, qui devraient être annoncées ce jeudi. « Il est possible que ce ne soit pas une demi-jauge, que ce soit plus drastique que cela, craint Olivier Lombardie. En revanche, nous sommes très heureux du système d’horodatage, qui va nous permettre de jouer le soir sans proposer des horaires quasi-impossibles au public. »

« Faire venir le public à 17 h ou 18 h c’est vraiment compliqué »

Ce système autorise en effet les spectateurs qui sortent assister à une représentation, de rentrer chez eux un peu après le couvre-feu fixé à 21 h. « Pour nous c’est crucial, car faire venir le public à 17 h ou 18 h c’est vraiment compliqué. Si on doit avancer nos représentations à 19 h, cela ira, mais peut-être même que l’on pourra jouer aux horaires traditionnels, on verra. »

L’établissement bordelais, qui ne s’était pas arrêté depuis sa reprise en septembre, est en tout cas prêt pour cette réouverture. « Notre choix de ne rien supprimer pendant le confinement, est aujourd’hui validé, car toutes nos équipes sont prêtes à reprendre. Nous avons effectivement poursuivi notre programmation sans public dans la salle pendant le confinement, et quasiment toutes nos représentations ont eu lieu et ont été captées, de Pelleas et Melisande dont on sortira un disque à l’automne 2021, en passant par les concerts symphoniques et le ballet, qui ont donné ou donneront lieu à des retransmissions. »

« Notre public a toujours bien suivi »

En parlant de ballet, l’Opéra de Bordeaux est aussi ravi de pouvoir donner La Sylphide, son ballet de Noël. « C’est un soulagement parce que c’est notre grosse production de la fin de l’année, et cela représente des coûts énormes et des mois de préparation. Les captations c’est bien, mais ce ne sont que des compléments. »

L'Opéra de Bordeaux, le 25 novembre 2020
L'Opéra de Bordeaux, le 25 novembre 2020 - Mickaël Bosredon/20 Minutes

L’Opéra de Bordeaux avait été dès le mois de juin un des tout premiers opéras au monde à rouvrir ses portes après le premier confinement. Puis il avait ouvert sa saison 2021 tout début septembre en demi-jauges, avec notamment La Traviata donnée exceptionnellement à l’auditorium pour respecter la distanciation sociale sur scène. « La Traviata a été un immense succès, les voix ont été davantage mises en valeur que dans le décor du Grand-Théâtre, et nous avons eu des critiques mondiales dithyrambiques. Notre public a toujours bien suivi, il a été extrêmement positif depuis notre réouverture. Nous allons maintenant pouvoir relancer les prises de réservation à partir de vendredi. »

« L’enjeu est de faire revenir les gens dans la salle »

L’enjeu, pour le reste de la saison, « est de ne plus faire de marche arrière, et de faire revenir les gens dans la salle. » Olivier Lombardie espère pouvoir compter sur l’ensemble des artistes programmés jusqu’à la fin de la saison, même s’il y a déjà eu des annulations, comme Anna Netrebko ou Pene Pati.

« Les grands solistes internationaux ont eu des difficultés à se déplacer, pour des raisons de réglementation dans leurs pays ou de quarantaines, mais on travaille beaucoup avec les chanteurs français et bordelais, ce qui nous permet d’échapper en très grande majorité à ce genre de difficultés. »