Qui est Kalon Sardin, l’illustratrice bretonne qui ne dessine qu’à l’étranger ?

LITTERATURE Cachée à Douarnenez, Anne est devenue la vedette d’une série de livres destinés aux enfants aux Etats-Unis

Camille Allain

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Qui est l'illustratrice bretonne Kalon Sardin ? — 20 Minutes
  • Anne, alias Kalon Sardin, est une illustratrice bretonne qui s’est fait repérer sur les réseaux sociaux.
  • A presque 47 ans, elle a vu sa carrière se lancer aux Etats-Unis grâce à la confiance d’une maison d’édition américaine bien connue.
  • Installée à Douarnenez, elle s’est spécialisée dans la littérature jeunesse et rêve de travailler pour des éditeurs français, notamment pour donner vie à son petit personnage Erell.

Elle ne souhaite pas lever complètement l’anonymat. Timide ? Peut-être. Modeste ? A n’en pas douter. Planquée dans son atelier de Douarnenez, à la pointe sud du Finistère, Anne se cache derrière son pseudonyme Kalon Sardin pour signer ses dessins empreints de tendresse. Ce « cœur de sardine », référence au passé de pêcheur de sa ville d’adoption, est encore méconnu des éditeurs français. Mais sa patte sensible a déjà tapé dans l’œil de maisons d’édition installées aux Etats-Unis et en Allemagne.

Du haut de ses 46 ans, la Bretonne s’est vue confier la réalisation de la série de littérature jeunesse « Choose you own adventure », version américaine du « Livre dont vous êtes le héros ». « J’ai été contactée l’an dernier par Chooseco. Ils m’avaient repérée sur les réseaux sociaux. J’ai eu du mal à y croire tellement c’était improbable », raconte l’illustratrice qui résume son job ainsi. « Je dessine pour les autres ». Anne aura travaillé plusieurs mois pour boucler la série destinée aux plus jeunes lecteurs anglophones. « C’est passionnant, car ce sont des livres très riches, avec plusieurs histoires possibles ». Il lui a fallu un mois de travail pour boucler chacun des albums.

« Je ne suis pas toujours douée pour trouver les mots »

Non contente d’avoir percé aux Etats-Unis, la Bretonne a depuis été sollicitée par la jeune maison d’édition allemande Magily, qui lui a confié la réalisation d’un ouvrage personnalisable pour les enfants. « Cette aventure est vraiment chouette, c’est arrivé tellement vite », avoue l’illustratrice « morte de trouille » à l’idée de parler de son travail dans la presse. Formée sur les bancs d’une école d’arts appliqués, Anne a d’abord travaillé comme décoratrice d’intérieur, avant de mettre sa carrière en pause pour s’occuper de ses deux enfants et de revenir à ses premiers amours. « C’est là que j’ai recommencé à dessiner et à peindre. J’avais besoin de m’émanciper de cette image de mère au foyer qui est parfois mal perçue. Je ne suis pas toujours douée pour trouver les mots, alors je passe par le dessin. Je me mets dans mon atelier toute seule, dans ma bulle ».

Celle qui concède avoir vécu « une enfance pas très rigolote », aimerait désormais travailler pour la France. Mais ce qu’elle souhaite par-dessus tout, c’est donner la parole aux enfants, les écouter. « Je trouve qu’on ne les laisse pas assez s’exprimer. J’ai envie d’aborder la tolérance, le respect, l’amour, la magie. J’aimerais que mes livres permettent aux parents d’évoquer ces thèmes, qu’ils puissent exprimer une deuxième lecture aux enfants ».

Un travail à l’encre de Chine

Pour mettre des mots sur ses maux, l’illustratrice a créé un charmant personnage baptisé Erell, qu’elle espère voir vivre de grandes aventures. Dessinée au porte-plume et à l’encre de Chine, la petite Bretonne devrait évoluer dans un monde magique d’inspiration celte et peuplé de citrouilles. « J’ai des idées plein la tête pour elle. Il ne me manque qu’un peu de temps ». Patience, son jour viendra.