Bordeaux : Figure du roman historique, Mireille Calmel publie son premier ouvrage jeunesse

INTERVIEW La Girondine Mireille Calmel vient de sortir deux nouveaux romans, « La Louve Cathare », et « Le secret de Léonard », son premier roman historique pour enfants

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

— 

L'auteure Mireille Calmel écrit notamment des romans historiques à succès
L'auteure Mireille Calmel écrit notamment des romans historiques à succès — Bruno Levy
  • Mireille Calmel est devenue l’une des principales figures du roman historique en France.
  • Depuis son premier ouvrage, « Le lit d’Aliénor », elle a écrit plusieurs best-sellers autour de célèbres personnages du Moyen-Âge.
  • Avec « Le secret de Léonard », elle entame une série de romans historiques pour les enfants.

En vingt ans de carrière, elle s’est constitué un public d'environ 11 millions de lecteurs à travers le monde, dont plus de trois millions en France. Traduite en 15 langues, Mireille Calmel est devenue l'une des principales figures du roman historique, notamment concernant la période du Moyen-Âge. Depuis sa résidence de Grayan-et-L'Hôpital, dans le Médoc, la discrète auteure revient pour 20 Minutes sur ses deux nouveaux romans sortis il y a quelques jours, La Louve cathare (XO Editions), et Le secret de Léonard (XO et Belin Jeunesse), son premier roman pour enfants, une enquête au château d'Amboise autour d’un dessin disparu de Léonard de Vinci…

Le secret de Léonard, de Mireille Calmel, chez XO et Belin Jeunesse

Le secret de Léonard est votre premier roman pour enfants, pourquoi vous lancer dans ce domaine, vous qui êtes connue pour vos romans historiques pour adultes ?

J’avais déjà écrit des choses pour les enfants avant ma carrière chez XO, lorsque j’étais intermittente du spectacle, à Blaye (Gironde). J’ai écrit beaucoup de pièces de théâtre pour les enfants notamment. Donc ce n’est pas sorti du chapeau non plus, et c’est quelque chose qui me manquait vraiment. Ce sont deux éditrices de chez Belin qui m’ont convaincu de renouer avec cela, lors d’un déjeuner à la maison. Elles m’ont demandé si je n’avais pas envie de raconter des récits pour enfants, implantés dans l’Histoire. En clair, faire du Mireille Calmel pour les petits, quoi ! Au bout de dix minutes je leur ai sorti une histoire, et nous avions notre trame. Quand vous maîtrisez une époque, des personnages, il y a toujours quelque chose à raconter.

Il y a un véritable enjeu de société, concernant la lecture et les enfants, vous y êtes sensible ?

Oui, et j’ai le même désir de tenir captivés les enfants comme les adultes, pour éviter qu’ils ne retournent sur leur tablette. Il y a un vrai danger par rapport aux écrans, aux réseaux sociaux, qu’ils ne détruisent l’imaginaire, or c’est avec l’imaginaire que l’intelligence se forme. Donc si on peut leur montrer que l’on trouve autant d’addiction et de bonheur dans un livre, qu’à liker sur sa tablette, tout le monde y gagnera.

Concernant vos romans pour adultes, votre période de prédilection démarre un peu avant le Moyen-Âge, jusqu’au début de la Renaissance. Ce sera le cas pour les romans pour enfants ?

Pour commencer, oui, mais dès le deuxième programmé en mai 2021, nous irons à la cour du château de Versailles. Il s’agira d’une enquête concernant un complot autour du Roi, dans laquelle nous croiserons Molière et La Fontaine, ainsi que leurs enfants. Je sors donc de mes sentiers de prédilection, car l’idée est que ce soit attractif pour les enfants et que les maîtres d’école puissent y trouver de la matière, qui s’appuie sur des faits historiques réels. Il y a un côté pédagogique derrière cette série.

Vous commencez le roman avec une note à l’adresse des enfants, en rappelant que vous êtes tombée gravement malade durant votre jeunesse. C’est ce qui vous a permis de vous plonger dans la littérature ?

J’ai eu un effondrement total du système immunitaire, et on n’a jamais vraiment su pourquoi. Je n’avais plus de contact avec l’école, et heureusement à l’hôpital il y avait une bibliothèque, dans laquelle j’ai passé énormément de temps entre l’âge de 9 et 15 ans. Tout ce que je sais, je l’ai appris dans les livres. Je sais ce que cela peut ouvrir comme portes. J’ai toujours eu envie d’écrire, mais un jour il a fallu que je décide que tant que j’écrirai, je ne mourrai pas. Je ne dis pas que cela m’a guéri, mais là où d’autres ont baissé les bras par épuisement, cela n’a pas été mon cas car je voulais absolument avoir un jour mon nom sur la couverture d’un livre. Et écrire est toujours une énergie vitale.

Et dès la sortie de votre premier roman historique en 2002, Le lit d’Aliénor, le succès est au rendez-vous…

L’écriture a été très longue, puisque j’ai mis sept ans à l’écrire ce premier roman sur Aliénor, mais le succès a été foudroyant, oui, puisqu’il s’est vendu à plus d’1,5 million d’exemplaires dans le monde. Cela a lancé ma carrière en tant qu’écrivain, mais cela n’a rien changé à la petite fille qui rêvait de réaliser son rêve. Je ne peux pas concevoir de ne pas écrire, ni de partager, et je suis frustrée depuis le mois de mars de ne pas pouvoir aller à la rencontre des gens. D’ordinaire je fais énormément de salons du livre, et j’ai créé des liens avec mes lecteurs et mes lectrices.

Quelle est la part de faits historiques et d’inventions dans vos romans ?

Il y a toujours à peu près 80 % de vérités historiques. Je fais un vrai travail de fond sur mes personnages, les dates, les lieux. Puis il y a des personnages qui ne sont pas réels que j’implante dans le décor.

La Louve cathare, de Mireille Calmel, chez XO Editions

Et votre nouveau roman sorti le 15 octobre, nous emmène dans l’histoire cathare, c’est cela ?

Nous sommes en 1226, et Griffonelle, une jeune voleuse qui vit dans l’île de la Cité, aiguillonne un riche jeune homme qu’elle déleste de sa bourse régulièrement, puis assiste au meurtre de sa mère par un chevalier dont elle ignore le nom et qui a le visage marqué par une cicatrice. A partir de là elle va tenter de retrouver la vérité, alors que pendant ce temps-là les assassinats autour du roi se multiplient. Nous sommes à Paris, mais en plein cœur de l'histoire cathare, et tout repose sur des faits réels, notamment la mine d’or de la montagne noire dont je parle. Le deuxième tome se passera, lui, directement en pays cathare, à côté de Carcassonne.