Coronavirus : Le monde de la culture réagit à l’instauration du couvre-feu et demande des dérogations

COLERE De nombreuses personnalités ont pris la parole pour dénoncer les nouvelles mesures mises en place à partir de samedi

C.R.

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Désinfection d'une salle de cinéma en Inde (illustration)
Désinfection d'une salle de cinéma en Inde (illustration) — Vipin Kumar/Hindustan Times/Shutterstock/SIPA

L’annonce est tombée comme un couperet pour le secteur culturel. Ce mercredi soir, lors de son interview télévisée, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des théâtres, musées, salles de cinéma et de spectacles à partir de 21h dès samedi. Cette mesure, dont le but est de freiner la recrudescence de l’épidémie de Covid-19, sonne comme une injustice pour le monde de la culture, déjà bien éprouvé depuis le début de la crise sanitaire.

« Un énorme et énième coup de massue »

Benjamin Biolay s’est saisi de son clavier pour réagir sur son compte Instagram, évoquant « un énorme et énième coup de massue que nous venons tous de prendre. » Visiblement en colère, le chanteur s’est insurgé : « Est-il normal d’apprendre que l’on perd son emploi et sa fonction après dix minutes d’un intolérable suspens ? ! ? » Dans un tweet (supprimé depuis), Anne Roumanoff s’adressait directement au président de la République, lui demandant de prendre « un air moins joyeux (…) en assassinant tout un secteur, s’il vous plaît. »

Le violoniste Renaud Capuçon s’est également exprimé sur Twitter, se demandant « comment sauver la vie culturelle et musicale en France. » Interpellée, Roselyne Bachelot a tenu à répondre au musicien, évoquant « un terrible choc que nous impose la pandémie. » La ministre de la Culture a expliqué se mettre au travail en concertation avec les organisations représentatives. « Nous allons surmonter ensemble cette nouvelle épreuve », a-t-elle conclu.

La dérogation comme respiration ?

De son côté, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) « tire la sonnette d’alarme » à travers un communiqué : « interdire désormais le soir les représentations pour un spectacle vivant (…) aboutit à un véritable plan social pour la culture », dénoncent les auteurs. En plus de la mise en place de dérogations pour le public se rendant dans les salles de spectacle, « la SACD demande de la part du gouvernement la reconnaissance d’un état d’urgence culturelle. »

La dérogation, une option qui attire les faveurs de plusieurs personnalités, à l’image d’Eric Naulleau. « Théâtres et cinémas respectent scrupuleusement les consignes sanitaires, leur imposer un couvre-feu aggraverait encore une situation très difficile. Une dérogation doit leur être accordée », clame-t-il sur Twitter.

Déjà des reports du côté des salles de cinéma

La programmation des salles de cinéma n’a pas non plus tardé à se voir chambouler, à commencer par le report de Peninsula. Prévu pour débarquer dans les salles obscures mercredi prochain, le film de Yeon Sang-ho, suite du Dernier train pour Busan, voit sa sortie finalement reportée au 16 décembre.

Avec une vingtaine de millions de personnes privées de séances nocturnes, on imagine aisément que d’autres longs-métrages prendront également ce chemin. Selon les chiffres du Centre national du cinéma, 43.8 % des entrées au cinéma sont réalisées à partir de 19h depuis 2016.